L’un des nombreux avantages offerts par HEC est que vous avez l’opportunité d’aller (vous la couler douce) dans l’une des plus belles villes du monde, 5 mois seulement après la prépa.

En arrivant à HEC, vous devrez choisir parmi l’une des trois options suivantes : partir au second semestre de L3, partir au premier semestre de M1, ou rester en licence avec une université partenaire pendant toute la L3. Aidé par l’administration et par les témoignages d’anciens, vous devez classer vos préférences ainsi que vos destinations pour ensuite être définitivement fixé courant septembre. S’ensuit ensuite une longue période de paperasserie administrative selon la destination que vous aurez choisie, mais ce n’est pas l’objet de cet article.

Pour ma part, j’ai eu la chance de partir à Los Angeles de début janvier à mi-mai, pour un échange avec l’University Of Southern California, grande université de la ville en concurrence avec UCLA.

L’université là-bas est bien différente du système d’éducation français et fait définitivement tout dans la grandeur et le gigantisme. Cela se voit notamment à travers le budget respectif des deux écoles : 4,4 milliards de dollars pour USC contre 127 millions pour HEC. Rien d’étonnant lorsque l’on apprend que les tuition fees là-bas s’élèvent en moyenne à $30,000 … par semestre. À savoir que l’échange vous permet heureusement de faire l’économie de cette modique somme et vous demandera uniquement une légère compensation de… $2,000, pour les divers frais liés à votre séjour.

Le campus s’est adapté à sa situation en centre-ville et est au cœur d’une petite économie locale axée sur l’université, ses étudiants, ses sportifs et toute sa symbolique. Ce campus américain typique aurait très bien pu accueillir le tournage d’une comédie universitaire américaine à la High School Musical, avec ses allées parfaitement pavées, ses infrastructures qui ont de quoi rendre jaloux les grandes compagnies de la Silicon Valley, et ses imposantes maisons de fraternité, sorte de grandes demeures plus ou moins clinquantes dédiées au culte de la boisson et du sexe opposé.

 

 

À condition d’avoir plus de 21 ans, vous pouvez, les mercredi, jeudi, vendredi et samedi soirs, profiter des opportunités qu’offrent les alentours du campus et boire pour pas cher dans les bars, clubs, et soirées de fraternités, à la simple condition pour ces dernières d’être sur la fameuse « liste des invités ». Avec un peu de débrouillardise, cela ne devrait pas poser de problème ;). À la différence des grandes universités californiennes, le campus est très proche du centre-ville et vous offre l’opportunité de venir découvrir sa « Night Life » des plus diverses, entre gastronomie variée, clubs souterrains, rooftops chics, ou encore bars étrangers. Les meilleurs endroits pour sortir se situent en centre-ville, au Nord-Ouest à Hollywood, et à l’Ouest aux abords de la sublime plage de Santa Monica.

 

 

Outre les sorties et grâce à l’implantation très forte d’Uber en Californie, vous pouvez parcourir et visiter la cité des Anges de long en large et découvrir les lieux intramuros et alentours qui font sa réputation : ses plages ensoleillées, le très animé quartier d’Hollywood, le quartier d’affaires, Beverly Hills, Malibu, et encore… D’autres lieux moins connus mais tout aussi agréables existent et vous permettront d’avoir un bref aperçu de la pluri-culture californienne, comme Korea Town, ou de l’ambiance hipster qui y règne, comme le Arts District. Hormis ces visites, la ville comporte un tas de lieux d’ « entertainment » à visiter dans l’idéal avec des amis, comme les studios Universal, le parc Disneyland ou le sacro-saint Six Flags qui vous retournera littéralement la tête. À moins d’avoir une généreuse connaissance qui vous fera entrer gratuitement grâce à son Season Pass ou une autre offre, vous devrez vous acquitter d’environ $90 par personne pour chacun de ces parcs, mais cela en vaut la chandelle. Ces 5 mois vous laissent largement le temps d’approcher de près cette culture américaine dont la NBA, la NFL, Stephen Curry, Tom Brady, Le Super Bowl, la weed et les Spring Break en sont les grands symboles.

 

 

De tous les moyens de transport en partance de Los Angeles, la voiture n’est peut-être pas le moyen le plus économe mais pour sûr le plus pratique : chaque fameuse destination vous imposera d’avoir une voiture pour visiter ses environs et éviter d’être dépendant des transports en commun et Uber parfois inexistants, que ce soient Las Vegas, San Diego, Death Valley, ou Yosemite. San Diego et San Francisco sont plus accessibles et très différentes de Los Angeles, même si cette dernière est celle qui offre le plus d’opportunités et de visites. Les roadtrip sont d’ailleurs l’occasion de rencontrer les autres étudiants étrangers partis en échange avec vous.

La mentalité est bien différente en Californie qu’en Europe et est très révélatrice de l’esprit d’entrepreneur qui y règne, c’est du moins ce que j’ai pu découvrir grâce à un cours d’entreprenariat. La plupart des gens sont très ouverts, croient aisément en vous et votre projet et n’hésitent pas à vous encourager à vous lancer, alors que la mentalité européenne est légèrement plus frileuse et moins idéaliste. De ce point de vue, les Américains ont un temps d’avance.

Par chance, l’administration HEC ainsi que les recruteurs accordent une importance relative à vos notes obtenues lors de votre scolarité et de votre GEP, bien moins en tout cas que dans d’autres grandes universités européennes, comme la Bocconi ou St. Gallen. La prépa est déjà un gage de votre sérieux et de votre capacité à travailler avec un rythme soutenu sur une longue durée. Vous pouvez en conséquence réserver votre temps libre aux sorties, visites et autres plaisirs plutôt que de travailler (ce que vous avez déjà bien fait en prépa 🙂 ). D’autant plus que l’administration vous fait cadeau d’une grande liberté de choix dans les cours, ce qui vous permettra, pour les plus paresseux, de vous contenter d’une semaine de 12 heures pour être en week-end … le mercredi soir.

Mais cette expérience étudiante dans l’une des plus luxueuses universités américaines au sein de l’élite –majoritairement blanche- du pays ne cache pas pour autant les divers défauts de cette nation, vérolée à bien des égards. Les impressionnants frais de scolarité maintiennent une hiérarchie sociale au quotidien prégnante, de nombreux SDF occupent les rues, les assurances sont hors de prix, à l’image du prix de l’intervention d’une ambulance qui peut atteindre $10,000. À vos frais, selon votre assurance.

Le retour en France est très marquant, et le décalage horaire n’y est ici pour rien. C’est en quelque sorte le « retour au petit » après avoir connu le gigantisme américain caractérisé par ses villes titanesques, dont L.A. en fait partie, et ses grands espaces de la « wilderness ». Mais l’expérience a été très enrichissante, non seulement d’un point de vue culturel pour les lieux et sites visités là-bas, mais aussi d’un point de vue social, car les diverses rencontres faites restent en tout point la meilleure partie de cet échange. Ce saut dans l’inconnu que vous entreprenez par vous-même pendant 4 mois vous apporte un gain en capital confiance plutôt extraordinaire. À faire et à refaire.