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Montpellier Business School présente son Plan Stratégique 2020

Montpellier Business School présente son Plan Stratégique 2020
Mehdi Cornilliet

C’est une première “depuis 20 ans”. Montpellier Business School a réalisé une conférence de presse ce mercredi 18 octobre. L’occasion pour Didier Jourdan, directeur de l’école depuis 1992, de rappeler certains fondamentaux de l’école, tout comme d’annoncer les mesures d’avenir, entrant dans le cadre de son Plan Stratégique 2020.

 

Une nouvelle charte graphique

L’école réalisé un changement de charte graphique, avec notamment un nouveau logo et une nouvelle baseline “Making a Difference” :

 

 

Un pionnier de l’alternance

L’alternance, c’est le point fort historique de Montpellier BS. Il s’agit d’un “choix politique” d’après son directeur général, qui l’a mis en place en 1997. Si l’école a 120 ans, l’alternance est plus jeune d’un siècle. Pour Didier Jourdan, cet axe est lié à la volonté de “permettre à des jeunes issus de milieux défavorisés de faire ce type d’études sans avoir la préoccupation financière”. Chaque année, l’école accompagne 1300 alternants. Cette année, un ancien d’Adecco a décidé de rejoindre l’entreprise. Au sein du leader franco-suisse de l’intérim, celui-ci avait recruté près d’une centaine d’étudiants sous ce format-là.

 

Trois axes stratégiques mis en avant

L’école base son plan stratégique à travers trois axes majeurs :

 

Des alliances stratégiques structurantes

Ces alliances stratégiques se déclinent en deux formats. Premièrement, des partenariats avec des établissements locaux : l’ENSAM (École nationale supérieure d’architecture de Montpellier), Montpellier SupAgro, mais aussi une école d’ingénieurs “dans le domaine informatique”. Dans la région Occitanie, avec des universités toulousaines aussi. Il dénonce le découpage interdisciplinaire, où chaque école se doit d’être spécialisée dans un domaine. Didier Jourdan rêve aussi de décloisonner les enseignements. L’homme du Sud fustige l’habitude prise “de couper le saucisson en tranches”.

Il appelle également à une internationalisation croissante de l’école : du personnel, des professeurs (à 53% étrangers d’après le dernier classement du FT), des étudiants (à 31% étrangers sur le PGE), etc. Sans aller plus vite que la musique. Avant d’être moyens en français et en anglais, il appelle à la maîtrise parfaite des langues, à commencer par le français, travers la certification Voltaire par exemple. Pour les étudiants anglais, il appelle également à leur enseigner “les rudiments de la langue française, afin d’entrer au cours de leur séjour “dans la culture française, et européenne.”

Dakar, en tant que hub, c’est le “choix de l’espérance” pour Didier Jourdan. Cette implication au sein d’un continent plus dynamique que jamais. Cette implantation vise à mener des recrutements et à les faire venir à Montpellier Business School notamment. 30% d’entre eux voient leurs frais de scolarité et de vie intégralement pris en charge, cela représente 25 000€ par an, sans l’appui des États français et africains. Ce financement est in fine réalisé par des entreprises et des personnalités, qui aspirent à éviter la fuite des talents. En 10 ans, ce sont 10 étudiants qui ont participé à ce programme.

On rappellera par exemple que 75% des médecins formés au Ghana partent à l’étranger et qu’il y a plus de médecins béninois ou malgaches en région parisienne que dans leur pays… Ces problématiques sont les mêmes au niveau des meilleurs managers.

Ce format de prise en charge des coûts de formations est également appliqué à Saint-Domingue, une île d’Amérique latine, en partenariat avec le gouvernement. Une implantation à Bhurapa, en Thaïlande, est également évoquée.

 

Une empreinte sociale renforcée

Elle se manifeste aussi bien en interne qu’en externe. Au sein de l’école, car le DG prend plaisir à rappeler que les écoles de commerce partagent un point original avec les hôpitaux, car “on vit avec ceux dont on est en charge”. Il aime à rappeler que les cours d’éthique, de RSE, très à la mode dans les écoles, sont inutiles s’ils ne sont pas appliqués. D’où la volonté d’avoir un réel impact à l’extérieur, que ce soit à travers un travail mené en banlieue, en Afrique, où l’école est implantée à Dakar, comme vu précédemment.

L’école montpelliéraine appelle également à renforcer les pratiques d’égalité hommes-femmes. Elle tient à cœur de rappeler que Montpellier Business School a été la première école certifiée Diversité et Égalité Professionnelle Femmes-Hommes. Une problématique mise en avant par la dernière enquête insertion de la Conférence des Grandes Écoles :

 

Innovation pédagogique

Le corps professoral est appelé à prendre le pas de l’innovation, avec la création de MOOC et de cours innovants. Au programme : Lego Serious Play, Design Thinking et e-learning. Des nouvelles manières d’enseigner présentes aujourd’hui dans de très nombreuses écoles.

 

Quel avenir pour les écoles de management ?

Le récent cri d’alarme de Bernard Ramanantsoa a également été abordé. Pour rappel, il avait affirmé lors d’une vidéo à Xerfi que les écoles de management étaient “au bord du gouffre”. Sans critiquer l’homme, il affirme que ce type de déclarations envoie un très mauvais message, d’autant plus qu’il est relayé auprès de personnes potentiellement intéressées par les Grandes Écoles.

Il s’alarme néanmoins sur la réforme de la taxe d’apprentissage, qui viendra gréver les ressources des écoles de commerce. On rappelle que MBS dispose d’un budget de 44-45M€ pour cette année.

Montpellier Business School ne croît pas au modèle des fusions, en rappelant que d’après l’OCDE “plus de 50% échouent”. Questionné sur une possible fusion avec Toulouse Business School, dans la mesure où le président de TBS est aussi membre du conseil d’administration de Montpellier BS, il affirme ne pas y avoir cru plus de trois secondes : “Je ne conçois des fusions qu’avec une cohérence géographique. Il y a des fusions que je ne comprends pas.” Il n’exclut cependant pas de développer des actions communes. Il affirme que “se mettre une épée de Damoclès à quelques millions d’euros au dessus de la tête, cela fait partie des risques à éviter” et que ce sont des “sources d’économies et d’efficacité devenues source de coûts et d’inefficacité.”

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Mehdi Cornilliet

Fondateur du groupe Up2School (Business-Cool, Major-Prépa et Forum-Commerce) et étudiant à HEC Paris.

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