“Un sondage n’est pas un substitut à la réflexion” nous rappelle l’investisseur Warren Buffet. Pensant que cela peut tout de même aider à la réflexion, nous vous présentons les résultats d’une enquête réalisée par l’IFOP, pour le compte de KEDGE BS, intitulée “la place souhaitée de l’entreprise au sein de l’enseignement supérieur français”. Celle-ci avait pour but de mettre en évidence les attentes des cadres d’entreprises (recruteurs) et des étudiants (clients) par rapport à l’Enseignement Supérieur. Plusieurs enseignements sont à retenir.

 

 

Une méthodologie sans faille

L’Institut Français d’Opinion Publique  (IFOP) a mené son enquête via des questionnaires en ligne auprès de deux groupes distincts d’individus, afin de croiser les regards.

Le premier échantillon est donc formé de 1002 cadres d’entreprise. Pour qu’il soit représentatif de la France, l’IFOP a appliqué une méthode de “quotas” de sexe, d’âge et de secteur d’activité, après stratification par région.

Le second échantillon d’individus est composé de 1001 étudiants titulaires d’un bac général (série S, ES, L). La représentativité du groupe est là aussi assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, établissement d’étude, niveau d’études) après stratification par région.

 

Qui met en évidence des divergences entre les attentes des entreprises et l’Enseignement supérieur…

En plus de l’entrepreneuriat, le changement de métiers, la transformation des techniques de management, ou  encore le changement d’organisation sont des points de formation qui cristallisent les critiques tant étudiants que de la part des cadres. Ceux-ci dénoncent que le supérieur ne prépare pas assez à l’acquisition de ces compétences.

Par exemple, seuls 40% des cadres considèrent que l’effort fourni par l’Enseignement Supérieur pour éveiller les étudiants aux problématiques d’évolution des métiers est suffisant. Plus critiques encore, les étudiants ne sont que 36% à trouver satisfaisant le traitement de cette question.

Ici, les Business School semblent répondre à ce problème. Elles mettent en effet un point d’honneur à présenter leurs programmes pédagogiques comme étant capables de former les leaders de demain, face à un monde en mutation. Cependant, si la critique persiste, c’est peut-être que la mise en application des slogans n’est pas aussi efficace que souhaité.

 

Mais aussi des points de convergence

Le tableau est moins sombre pour l’Enseignement supérieur qu’il en l’air. Ainsi, certaines compétences telles que la digitalisation des métiers, ou la mise en place d’un état d’esprit propice à l’innovation, ou encore la sensibilisation au respect des valeurs éthiques, sont reconnues comme des points performants de la formation dans le supérieur.

Par exemple, 68% des cadres et 64% des étudiants pensent que l’Enseignement supérieur prépare bien à la digitalisation des métiers. Il en va de même pour ce qui est du développement d’un esprit d’innovation, avec 58% des cadres et 56% des étudiants; ou encore de la sensibilisation aux valeurs éthiques (respectivement 52% et 62%).

Malgré les nombreuses idées reçues, les ESC semblent ici aussi être à la pointe, que ce soit pour la mise en place de l’esprit d’innovation avec les incubateurs, les associations ; ou la sensibilisation aux valeurs éthiques par les cours de RSE, ou bien d’éthique dispensés dans les programmes.

 

Un plébiscite quasi unanime de l’entrepreneuriat

Contrairement aux idées reçues, que ce soit chez les cadres ou chez les étudiants, tous souhaitent valoriser l’entrepreneuriat et la prise d’initiative en France.

Ainsi, 94% des cadres sont favorables (dont 35% “très favorables”) au développement des compétences entrepreneuriales des étudiants dans le cadre des études supérieures. Les étudiants ne sont pas en reste, puisqu’ils sont 88% à y être favorables, dont 24 se déclarent “très favorables”.

Un tel plébiscite, s’il questionne le modèle universitaire, valide cependant les stratégies des écoles de management. Ces dernières encouragent en effet l’entrepreneuriat, la vie associative ou encore les parcours professionnalisants, tels que l’alternance.

 

Finalement, une étude qui semble valider la stratégie des écoles de commerce

Cette étude a été commandée à l’IFOP par KEDGE BS afin d’appuyer la présentation de sa nouvelle stratégie. Dans les faits, elle ne valide pas que la stratégie de l’école sudiste, mais aussi à un niveau plus global les stratégies des grandes écoles de commerce au cours de ces dernières années.

En effet, quoi qu’on puisse en penser, le microcosme des ESC s’oriente depuis plusieurs années vers ces thématiques nouvelles. En faisant de plus en plus le lien entre les entreprises et les étudiants, et en favorisant l’esprit de conquête et d’innovation, elles semblent s’affirmer comme des fers de lance de l’Enseignement supérieur en France. Gageons que cela risque de ne pas plaire à tout le monde.