Suite à notre article sur les étudiants cumulant job et études, nous avons discuté avec Thomas, étudiant à l’EDHEC sur son quotidien et ses difficultés à concilier cours et travail.

Dans notre article précédent Thomas nous racontait : « Mon père est agriculteur et ma mère ne travaille pas. Pour me payer l’école j’ai contracté un prêt d’environ 37 000€, pour me payer le reste je suis obligé de travailler. J’adore mes études, et j’ai la chance de faire un petit boulot plus intéressant que la plupart de ceux des étudiants qui en font, même si c’est vrai que c’est difficile d’accumuler les heures, la fatigue elle aussi s’accumule et se fait ressentir dans les notes et le nombre d’absences. L’année dernière j’étais serveur et j’ai dû rater quelques cours pour ne pas louper des services du midi, cette année je suis passé barman et je ne travaille que le soir pour ne plus avoir ce problème. »

 

Bonjour, peux-tu commencer par te présenter en quelques mots ?

Bien sûr, alors bonjour, je m’appelle Thomas, j’ai 20 ans et je suis en 3ème année approfondissement Finance à l’EDHEC.

 

Peux-tu nous parler un peu de ton parcours ?

Je viens de Rouen, bachelier ES, fils d’agriculteur, et actuellement en plus de mes études je suis barman à Lille.

 

Tu connais le sujet de l’interview, qu’est ce que tu penses des étudiants qui travaillent à côté de leurs études ?

Sincèrement ce n’est pas évident tous les jours, la fatigue s’accumule mais personnellement avec mon job j’ai beaucoup de chance de ne pas subir tant de pertes sur les différents aspects de ma vie.

 

Que veux-tu dire ?

Eh bien au niveau fatigue, les soirs où je travaille sont ceux où la plupart des étudiants sortent, ce qui nous met sur un pied d’égalité le vendredi matin (rire).

 

Mais du coup, tu travailles au détriment de ta vie sociale ?

Oui et non, effectivement je sors peu puisque je n’ai pas énormément de temps, mais étant barman je socialise énormément et même si ça reste du travail il y a beaucoup de soirées amusantes.

 

Donc barman c’est plutôt un bon plan comme taf étudiant ?

Oui carrément. Je le redis, c’est fatiguant, mais quel boulot ne l’est pas ?
Au moins en étant barman je m’amuse, je rencontre du monde, et puis les heures ne se superposent jamais aux heures de cours. Avant j’étais serveur, c’est chouette aussi mais j’ai dû rater un amphi ou deux pour assurer un service du midi.

 

Tu connais beaucoup d’étudiants dans le même cas ?

Je ne peux pas m’exprimer sur tous les secteurs d’études ni toutes les écoles de commerce mais dans mon école, je n’en connais pratiquement pas. J’ai des copains en prépa ou médecine qui eux me disent qu’ils ne peuvent pas travailler à cause de la masse de travail que leurs cours représentent. Mais d’un autre côté j’imagine qu’ils en ont un peu moins besoin puisque leurs études leur coûtent bien moins que la mienne.

 

Si tu n’étais pas obligé financièrement, est-ce que tu travaillerais quand même ?

C’est une très bonne question, je pense que si je n’y avais pas été contraint, je n’aurais jamais commencé à travailler, mais maintenant que je suis dedans, si je pouvais me permettre financièrement d’arrêter je ne le ferais pas. Le fait d’avoir un « boulot ingrat » ça me rappelle pourquoi j’ai choisi d’avoir 37 000€ de dette à la banque. Ça me rappelle qu’il y a des millions de gens qui ont des jobs mal-payés qui ne leur plaisent pas et qui continuent parce qu’ils ont des enfants, un crédit, et pas beaucoup d’autres options. Ça me permet tout simplement de relativiser mes « problèmes » et de me rendre compte de la chance que j’ai, ce que, je pense, beaucoup de jeunes de mon âge ne font pas, ou peut-être ne savent pas faire. Globalement cela m’a vraiment fais grandir je pense.

 

Un mot de fin sur le travail en parallèle des études ?

Oui, j’ai envie de dire que même si ce n’est pas toujours facile de travailler à côté de ses études, dans la vie ce sont souvent les choses les moins faciles qui valent le plus le coup. C’est seulement en sortant de sa zone de confort que l’on peut constater qu’il y a tout un autre monde hormis les Assos, Afters, ou weekends d’intégrations. Mon père travaille des champs depuis plus de 30 ans, il a des soucis de dos, et il a arrêté ses études à 15 ans. Je pense que beaucoup de gens pourrait en prendre de la graine, sans mauvais jeu de mots (rire), avec des gens comme lui.

 

 

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