Les étudiants étrangers sont de plus en plus nombreux à venir passer un semestre ou une année d’échange en France dans le cadre de leurs études. Certains choisissent également de venir faire tout leur cursus dans une école de commerce française. Pourquoi font-ils ce choix ? Quelles impressions ont-ils de nos écoles ? Chiara Marcheselli et Shouwen Wang ont accepté de répondre à nos questions afin de nous parler de leurs expériences respectives à NEOMA et à l’EDHEC.

 

Pour commencer, pourriez-vous vous présenter et nous parler un peu de votre parcours ?

Chiara : Je suis Chiara Marcheselli, je suis née à Milan, en Italie. J’ai d’abord étudié dans un lycée européen, où j’ai appris trois langues étrangères : l’anglais, l’allemand et l’espagnol. J’y ai très vite réalisé que je voudrais faire mes études à l’étranger plus tard. Ainsi, j’ai intégré un Bachelor of Science in Business Administration (BSBA) dans la principauté de Monaco, où j’ai habité pendant trois ans. Je suis quelqu’un de très extraverti, amoureuse du vin et de la nourriture, passionnée de voyages et de rencontres. En ce moment, je fais un double diplôme International Master of Luxury Management (IMLUX) qui se déroule pour moitié à NEOMA BS sur le campus de Reims et pour l’autre à MIP (Politenico di Milano).

Shouwen : Bien sûr, je m’appelle Shouwen Wang, je viens de la ville de Qingdao en Chine et je suis étudiant à l’EDHEC. J’ai intégré le Programme Grande École, en spécialisation Business Management.

 

Pourquoi avez-vous choisi la France ? Est-ce que c’était votre premier choix ?

Chiara : J’ai choisi la France par rapport aux matières que je voulais étudier. J’ai choisi le programme IMLUX NEOMA/MIP car je crois que peu d’écoles en Europe peuvent apporter la même préparation et les mêmes opportunités (notamment en termes de réseau). Je voulais aussi aller dans un pays francophone parce que je voulais continuer d’améliorer mon français après mon expérience à Monaco. Et pour finir, j’ai choisi la France car je pense que le savoir-faire français, et la culture française plus largement, reflètent bien ma personnalité et ma passion pour l’art, la nourriture et le luxe.

Shouwen : J’ai choisi la France parce que j’avais appris un peu de français quand j’étais à l’université, et je voulais continuer à le pratiquer. Mais c’est surtout parce que les écoles de commerce françaises ont vraiment une bonne réputation, et parce que le programme Grande École m’offrait la possibilité de faire deux stages en France. C’est intéressant d’avoir une expérience professionnelle à l’international. Aller étudier en France était mon premier choix, d’abord parce que c’est moins coûteux que dans d’autres pays et aussi parce que je peux rester plus longtemps.

 

Comment s’est passée votre arrivée en France ?

Chiara : J’ai su que j’étais acceptée pour le programme IMLUX à NEOMA en février, et j’ai tout de suite commencé à chercher un appartement. J’ai contacté quelques anciens étudiants du programme qui m’ont donné de super conseils, ce qui fait qu’en mars j’avais déjà trouvé mon logement. Donc quand je suis arrivée à Reims au début du mois de septembre, tout était déjà prêt.

Shouwen : Mon arrivée s’est bien passée. J’ai trouvé mon appartement sur le site internet de l’EDHEC (ça, c’était vraiment cool). Je vis en ce moment avec trois autres étudiants chinois à 10 minutes à pied de l’EDHEC.

 

Comment s’est déroulée votre journée d’intégration ?

Chiara : La journée d’intégration pour les étudiants étrangers a été géniale ! Je ne m’attendais pas à autant m’amuser ! Les activités étaient bien organisées et tout le monde était bienveillant et plein de bons conseils. C’était une réelle chance de pouvoir rencontrer de nouvelles personnes, d’avoir des infos sur les cartes d’abonnement pour les transports en commun et toutes ces choses dont un étudiant pourrait avoir besoin pendant son séjour.

Shouwen : Les journées d’intégration organisées par l’école n’étaient pas mauvaises, mais l’International day de l’association Open Up était mieux. On a passé un super week-end à la plage et j’ai rencontré de nombreux amis là-bas.

 

Est-ce que vous vous sentez bien intégrés dans l’école ? À la fois avec les étudiants étrangers et avec les étudiants français ?

Chiara : En fait, je dois avouer que je passe beaucoup plus de temps avec des étudiants internationaux grâce à la journée d’intégration que l’on a passée ensemble. Cela nous a aidés à rentrer en contact dès le début et même si nous ne sommes pas en classe ensemble, nous nous retrouvons toutes les semaines pour dîner, prendre un verre ou aller en soirée. Jusqu’ici, la plupart des sorties que j’ai faites ont été avec ces personnes. En ce qui concerne les étudiants français, c’est plus compliqué. J’adorerais passer plus de temps avec des étudiants français d’autres programmes (et améliorer mon français), mais j’ai l’impression qu’ils n’ont pas très envie de parler anglais… En fait, mon impression générale est qu’il existe une barrière invisible entre les étudiants français et les étudiants non français que ce soit à la cafétéria ou dans le jardin, quand je parle avec eux je sens bien qu’ils n’ont pas trop envie de parler. Je suis allée à plusieurs événements du BDI (Bureau de l’International) et c’était sympa. J’ai même une « marraine » française, elle est super cool !

Shouwen : Pour être honnête, ce n’est pas difficile pour moi de rencontrer des étudiants internationaux, mais l’intégration avec les étudiants français n’est pas aussi simple. Au début du semestre, il y a beaucoup d’activités et de soirées organisées pour les étudiants internationaux, ce qui m’a permis de les connaître presque tous. On s’est vraiment éclatés. Puisque la vie associative est indispensable à l’EDHEC, et aussi parce que je voulais pratiquer mon français, j’ai rejoins oikos Lille, l’association de développement durable de l’école. Mais comme je suis le seul étudiant étranger de l’asso, c’est vraiment difficile pour moi de m’intégrer au groupe.

 

Est-ce que vous trouvez que cette rentrée s’est bien passée ? Avez-vous certains regrets ?

Chiara : Cette rentrée a été vraiment bien organisée et j’ai adoré tous les événements ou activités auxquels je suis allée. Les associations étudiantes sont très actives et nous font sentir qu’on fait partie de la « NEOMA Family » et c’est quelque chose que j’apprécie beaucoup. Mon seul regret est de ne pas avoir rejoint l’association ACCES. Je suis allée à la présentation avec quelques amis de l’IMLUX en espérant en convaincre certains d’adhérer avec moi. Mais comme la présentation s’est faite entièrement en français, nous avons eu l’impression qu’ils n’étaient pas vraiment ouverts aux étudiants étrangers et tous mes amis qui ne parlaient pas français ont abandonné l’idée.

Shouwen : Je suis toujours sur le campus et j’apprécie vraiment mon emploi du temps parce qu’il n’y a pas beaucoup de pression. Tu peux aller en soirée jusqu’à 3 heures du matin même si tu as cours à 8 heures le lendemain. J’ai déjà fait des stages et je dois avouer que les gens qui travaillent sont plus sérieux que les étudiants. Sinon pour les regrets, je dirais que j’aurais dû plus travailler mon français.

 

Selon votre expérience, quelles sont les principales différences entre le modèle des écoles de commerce françaises et celui des écoles/universités de votre pays?

Chiara : Comme je l’ai dit, j’ai fait un BSBA à Monaco donc je ne peux pas comparer par rapport à une université italienne. En tout cas, si je compare avec mon ancienne école de Monaco, il y a quand même beaucoup de similarités comme les examens, l’accent mis sur les projets de groupe, la présence obligatoire aux cours… La principale différence est que IUM est une université 100 % internationale donc il n’y avait aucune barrière entre les nationalités, contrairement à ce que je peux un peu ressentir à NEOMA. J’ai l’impression que les cours sont un peu plus « superficiels », mais c’est sans doute parce que j’ai beaucoup plus de matières à valider en un an que ce que j’avais à IUM. Par contre, les expériences et les activités de networking organisées par NEOMA gagnent largement la compétition, et j’en suis très contente. De plus, il y a plein d’associations étudiantes qui organisent tous types d’activités qui couvrent les intérêts et passions de chacun. Ce n’était pas du tout aussi développé à Monaco.

Shouwen : Je voudrais dire que le modèle français d’écoles de commerce est plus « pratique », dans le sens où on n’étudie pas seulement les théories, on apprend également à les mettre en œuvre. Quelques très bonnes universités de Chine ont le même modèle, mais la plupart des autres mettent l’accent sur la théorie. Une autre grande différence est qu’en France, l’administration accompagne beaucoup ses étudiants, avec par exemple le career center, le bureau des étudiants internationaux, etc. En Chine, il n’existe pas de système aussi bien que ça. Mais il faut dire qu’on paye moins cher nos universités en Chine.

 

Est-ce que vous avez réussi à voyager un peu autour de la ville où vous habitez ?

Chiara : Bien sûr ! J’essaye de profiter au maximum de cette opportunité puisque Reims est une ville bien différente de Milan ou de Monte-Carlo. J’ai donc visité à la fois Reims et Épernay et toutes les maisons de champagne aux alentours. De plus, j’essaye de visiter Paris du mieux que je peux pendant les week-ends. D’ailleurs, la semaine prochaine, nous allons avoir cours pendant une semaine sur le campus de Paris de NEOMA. Et pour finir, je suis allée en Belgique, à Bruxelles et à Anvers, et je prévois un séjour au Luxembourg à la fin du mois.

Shouwen : Oui, bien sûr, Lille est assez proche des Pays-Bas et de Bruxelles, j’ai voyagé dans ces deux pays et je prévois d’aller en Allemagne et en République tchèque pour Noël.

Un grand merci à Chiara et à Shouwen pour avoir accepté de nous parler de leur expérience en France. Nous espérons que la traduction de leurs réponses est la plus fidèle possible.