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Etudier à Stanford devient gratuit pour les étudiants de la classe moyenne

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Etudier à Stanford devient gratuit pour les étudiants de la classe moyenne
Mehdi Cornilliet

Il s’agit d’une véritable révolution dans le monde de l’enseignement supérieur. La très prestigieuse université Stanford annonce une exonération totale des frais de scolarité pour les étudiants dont les parents gagnent moins de 125 000$ par an et dont le patrimoine n’excède pas 300 000$.

Cette économie annuelle représente la bagatelle de 46 000$ ! Elle est même plus importante pour les étudiants dont les parents gagnent moins de 65 000$ car ils n’ont pas à payer le logement, ce qui représente 14 000$ d’économies annuelles supplémentaires.

En échange, les étudiants s’engagent à travailler pour l’équivalent de 5000$ durant l’année scolaire, somme qu’ils reversent à l’université. Ce plafond à 125 000$ correspond au revenu médian des familles des étudiants de l’université.

La composition sociale de ses étudiants admis a poussé la direction de l’université à adopter une telle mesure. En effet, seuls 14% d’entre eux peuvent disposer des bourses fédérales, et une très grande proportion se situe au-dessus de ces seuils sans pour autant pouvoir supporter un fardeau annuel de 46 000$ sans compter les frais de logement.

 

Un dispositif impossible à répliquer ailleurs

Le financement de ce programme d’aide n’est possible que par les importants moyens dont dispose l’université. Avec une dotation de 21 milliards de dollars, l’université est l’une des plus riches du monde. Grâce aux intérêts générés par cette fortune, Stanford peut se permettre de financer de tels programmes. Elle est de plus l’une des universités les plus transparentes concernant ses frais de scolarité : les étudiants savent avant même de postuler quelle est la somme ils devront payer et quelles aides ils pourront percevoir.

John Etchemendy, le directeur de l’université de Stanford l’affirme : “Notre priorité est que Stanford demeure abordable et accessible pour les étudiants les plus talentueux, indépendamment de leur situation financière.”

Aujourd’hui, 77% des étudiants inscrits en undergraduate à Stanford n’ont aucune dette à leur sortie d’étude. A l’inverse, 70% des autres diplômés de Stanford en sortent endettés, avec 29 000$ de créances en moyenne et un tiers d’entre eux a plus de trois mois de retard sur son échéancier…

 

D’autres universités américaines, très richement dotés, parviennent à assurer la gratuité à leurs étudiants à travers différents dispositifs :

  • Princeton : même principe qu’à Stanford avec des seuils à 120 000$ pour la gratuité totale et 60 000$ pour la gratuité du logement
  • Yale : zéro frais de scolarité pour les étudiants dont les parents gagnent moins de 65 000$
  • Harvard : même chose qu’à Yale et entre 65 000$ et 150 000$, les frais représentent entre 0 et 10% du salaire total

 

Au niveau fédéral, Obama a annoncé en 2015 la gratuité de tous les community colleges, établissements dispensant des formations courtes (2 ans) et de niveau inférieur aux universités. Du côté des universités publiques, le gouvernement dépense chaque année 69 milliards de dollars en aides diverses et encaisse 62,6 milliards de dollars de frais de scolarité chaque année. Nombreux sont ceux qui promeuvent une solution simple : rendre les universités publiques gratuites possibles pour tous et économiser ces 6,4 milliards annuels.

 

Et en France ?

En France, la plupart des universités sont gratuites, tout comme la majorité des écoles d’ingénieurs publiques. A l’inverse, les écoles de management sont réputées pour être les plus chères. Désormais, elles essayent de créer des dispositifs similaires à ceux déployés par les universités : les associations d’anciens étudiants, parfois regroupés en fondation avec l’appui d’entreprises, peuvent financer une partie des frais chaque année ou bien offrir la première année à certains étudiants. Et gare à ceux qui n’annoncent pas leurs frais de scolarité dès le début comme nous l’avons constaté cet été ici et .

Néanmoins, si accorder des privilèges à ceux qui intègrent ces prestigieuses universités représente un véritable pas en avant, le manque de diversité au sein de ces formations s’explique également par une discrimination sociale qui œuvre bien avant le processus d’admission. Cette discrimination est très difficile à combattre, même si des initiatives ciblées comme le site web Major-Prépa (qui nous appartient) ou encore l’association Frateli se donnent pour objectif de les effacer, pour quelle efficacité ?

 

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Mehdi Cornilliet

Fondateur du groupe Up2School (Business-Cool, Major-Prépa et Forum-Commerce) et étudiant à HEC Paris.

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