Cinq ans après avoir présenté son dernier plan stratégique 2013-2017, l’EM Normandie renouvelle l’opération à l’occasion d’une conférence de presse effectuée au sein de son tout nouveau campus d’Oxford, ville qui compte environ 35 000 étudiants et la fameuse Saïd Business School, émanation de l’université mondialement réputée.

 

Les étudiants de l’EM Normandie accompagnés de leur équipe pédagogique à Oxford

Une école en forte croissance

Au sein de son groupe concurrentiel, l’EM Normandie se distingue par une forte croissance de son chiffre d’affaires. Depuis 2013, celui-ci a explosé : de 22 millions d’euros à 42 millions d’euros pour l’exercice 2018-2019, soit une croissance de 13,3% par an.

Cette croissance s’explique par la hausse des effectifs : +9% par an pour passer de 2600 à 4000 étudiants, mais aussi par l’augmentation de ses revenus par étudiant. Le Programme Grande Ecole de l’EM Normandie coûtait 24 650€ pour un étudiant post-prépa en 2013 contre 29 100€ en 2018.

Cette croissance provient avant tout de ses intégrés depuis les filières post-bac : parmi les 1100 nouveaux intégrés, 650 viennent du concours Sésame contre 80 seulement de prépas. Le Bachelor en Management International (BMI) connaît également un accroissement de ses effectifs avec 57 intégrés en première année et 54 en troisième année (+58% au total).

 

L’école s’est également dotée d’un campus à Paris en 2013 avec Grenoble EM, puis a ouvert 400m² à Oxford en 2014 avant d’ouvrir à Dublin en 2017. Son développement a été marqué par l’obtention des accréditations AACSB en 2014 et EQUIS en 2016 respectivement.

 

Le renforcement du campus d’Oxford : une stratégie post-Brexit

L’école normande est implantée à Oxford depuis 2014. Aujourd’hui, 200 étudiants sont présents au sein du City of Oxford College, au sein du centre-ville, où l’école dispose de 600m². L’EM Normandie engage également des procédures afin de devenir une entité juridique locale apte à délivrer des Licence Tier 2 et Tier 4 afin de pouvoir accueillir des étudiants étrangers après le Brexit.

Le campus de Dublin, lui, accueille 80 étudiants en cette rentrée 2018-2019. Il s’agit d’un doublement de ses effectifs.

 

Du côté de chez nous…

Le campus du Caen a été agrandi en 2016. Celui du Havre déménagera en 2019-2020 au sein d’un nouvel écrin de 12 700m² en bord de mer quai Frissard, aux côtés de la Cité Numérique. Le financement de ce nouveau bâtiment, de près de 20 millions d’euros, est assuré par des fonds publics (CCI Seine Estuaire, CODAH et région Normandie).

A Paris, l’EM Normandie reprend son indépendance en acquérant l’espace occupé par Grenoble EM. Pas moins de 900 étudiants, et notamment des nouveaux entrants issus du concours BCE, étudient rue du Ranelagh. Une EM Normandie de plus en plus francilienne donc !

 

La formation continue comme moyen d’accroissement des ressources

A l’heure où les écoles se plaignent du manque de ressources publiques, l’accroissement du recrutement post-bac de l’EM Normandie, et sa capacité à en tirer des revenus pendant cinq années, permet à l’école de se passer peu à peu des ressources issues de sa CCI de tutelle. Si elle supportait jusqu’à 40% des charges de fonctionnement, la CCI Seine Estuaire ne représente plus que 1,25% du budget de l’école en 2018-2019.

Une école bénéficiaire sur le plan financier, assure Jean-Guy Bernard, mais dont le taux de rentabilité n’atteint pas deux chiffres et qui réinvestit tout dans son développement.

Un développement qui passe par la mise en place d’activités extra-européennes, à travers des alliances au Vietnam, en Chine et au Moyen-Orient :

  • au Vietnam, l’EM Normandie met en place un bachelor en Supply Chain Management à Halong University, un bachelor en tourisme à Dong Naï University, un double diplôme MSc Banking, Finance and FinTech avec Vietnam University, un double diplôme MSc Supply Chain Management avec University of Transport and Communications Hanoï ;
  • des partenariats en finalisation avec des universités des Emirats Arabes Unis, d’Oman, du Bahreïn et au Liban ;
  • des DBA en Chine avec la Renmin University à Nankin ainsi qu’avec des universités à Shanghaï, Nanchang et Zhengzhou ainsi qu’un MBA avec Shenzhen Institute Wuhan University.

 

Une pédagogie en pleine évolution

Les enseignements des écoles ne peuvent rester indubitablement les mêmes. A l’heure où les soft skills prennent une place de plus en plus importante et au vu des études récemment menées par la Conférence des Grandes Ecoles, l’EM Normandie a décidé de baser sa pédagogie sur les 4P de Seymour Papert et du cinquième P de Mitchell Resnick :

  • Project : permettre aux étudiants d’apprendre en faisant, le Learning by doing
  • Passion : capter l’intérêt des étudiants et renforcer leur engagement
  • Peers : inciter les étudiants à apprendre les uns des autres
  • Play : jouer avec les idées et expérimenter
  • Purpose : donner le goût aux étudiants en quête de sens d’être des citoyens productifs au sein de la société

L’école met donc en place différents projets pédagogiques : un escape game de simulation de vente, un serious game en marketing, un cas en réalité virtuelle en 2019, etc.

Au-delà de ces expérimentations, l’EM Normandie met en place un parcours à la carte, pour permettre aux étudiants de naviguer librement entre les cinq campus et les différents double diplômes enseignés ailleurs. Les étudiants disposeront également d’un accompagnement personnalisé à travers le soutien d’une vingtaine de coachs en RH.

L’école annonce également le lancement des Grands Rendez-vous de l’EM Normandie. Il ne s’agit non pas d’un remake de l’émission radiophonique historiquement présentée par Jean-Pierre Elkabbach mais de conférences organisées en cycle annuel autour d’une thématique. Pour 2018-2019, celle retenue est… l’Intelligence Artificielle. Et pour stimuler celle, réelle, des étudiants, Pierre-Marie Lledo, directeur du département neurosciences de l’Institut Pasteur et Sylvain Peyronnet, Chief Artificial Intelligence & AdTech Officer chez Qwant font partie des premiers invités.

 

Moins de face-à-face, plus de modularité

Quant aux cours en face-à-face, ceux-ci passent de 250 à 200 heures par semestre en face-à-face. Cette diminution est compensée par le développement de modules d’autoformation et des parcours optionnels. Du côté des cours, chaque semestre doit contenir deux cours en face-à-face, deux cours en pédagogie inversée et un exercice transversal (challenge, projet associatif, Serious ou Business Game). Enfin, concernant les évaluations, au moins deux cours par semestre font l’objet d’une évaluation open book, de quoi permettre aux étudiants de travailler leur traitement de données (ou encore de valider sans avoir travaillé si ce n’est très intensivement pendant le partiel, oui oui on l’a fait… 🙂 )

 

Quel est l’impact de l’EM Normandie sur son territoire ?

 

 

Selon Business School Impact System (BSIS), l’EM Normandie aurait un impact financier de près de 188 millions d’euros, à travers l’arrivée d’étudiants non-originaires de la région. Par ailleurs, 22% des étudiants font le choix de rester dans la région une fois leur diplôme obtenu.