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L’absentéisme des étudiants en école de commerce, un mal incurable ?

L’absentéisme des étudiants en école de commerce, un mal incurable ?

Entre les longues périodes de liste, les soirées et les associations, les étudiants d’écoles de commerce ont parfois du mal à assurer leur présence en cours. Face à cette nouvelle problématique, les écoles tentent de réagir en associant pédagogie et fermeté.

Mais pourquoi les écoles de commerce, aux frais de scolarité onéreux, sont-elles confrontées à un tel phénomène ?

 

Sécher et valider

Beaucoup s’interrogent sur le niveau en école de commerce. En effet, on peut réussir son année en allant peu en cours et c’est bien connu. Les mauvaises langues diront que le niveau s’affaisse ou que ce n’était pas comme ça avant. En réalité, les étudiants attendent d’une école de commerce qu’elle leur prodigue un savoir directement applicable dans le monde professionnel. La connaissance purement académique s’en trouve ainsi dévaluée, notamment par rapport à la classe préparatoire qui pousse cet enseignement à son paroxysme.

Si les écoles de commerce l’ont bien compris, elles ne se délaissent pas pour autant ces cours théoriques, d’abord parce qu’aussi fastidieux que ce soit, il est bien nécessaire d’acquérir quelques fondamentaux. D’autres part, les classements internationaux jugent en grande partie les écoles à l’aune de la qualité académique de sa recherche, bien davantage ancrée dans la théorie que dans la réalité quotidienne de l’entreprise. Nécessairement, cette contrainte se répercute sur la composition du corps professoral – bien garnie de ces fameux enseignants-chercheurs -, et de facto sur les cours.

 

Sur le même sujet : Pourquoi les cours de marketing sont connotés bullshit en école de commerce.

 

Fondamentaux soporifiques et vie étudiante éreintante

En première année d’école, le tronc commun est souvent la norme. On vous enseigne les bases dans chaque matière qui paraissent innées pour beaucoup d’étudiants. Sans assister à tous les cours, les étudiants comprennent le fil conducteur et s’en sortent assez facilement. Cependant, cette flexibilité diminue au moment des spécialisations, voire de l’entrée en Master. Selon Clément Moussy, étudiant à KEDGE BS Bordeaux, les absences répétées sont dues à deux facteurs. Tout d’abord, une vie étudiante riche et diverse. Les événements sont réguliers et il y a une vraie cohésion dans les écoles. Beaucoup d’étudiants sortent de classes préparatoires et souhaitent rattraper le temps perdu. Les supports numériques et l’entraide des étudiants permettent aussi de rattraper très facilement les cours.

 

L’engagement associatif, facteur d’absentéisme ?

Contrairement aux idées reçues, l’engagement associatif n’est pas vecteur de redoublement. Généralement, les membres du BDE, BDS et BDA ou des grosses assos s’en sortent très bien. Si tous les listeux et membres des bureaux redoublaient à cause de leur engagement associatif, il n’y aurait pas un tel engouement chaque année. En effet, leur investissement au quotidien est un atout pour rester alertes, et la coopération des étudiants favorise leur réussite. Dans chaque association, il y a toujours ce dilemme : s’investir, profiter ou rester studieux. La question est de savoir où placer le curseur… Il reste que l’immense majorité des élèves passent à l’année d’études suivante sans trop de difficultés.

Finalement, ceux qui souffrent en école de commerce ne sont pas les plus investis, mais les moins motivés. Certains étudiants sont arrivés en école de commerce et se sont rendus compte que ce n’était pas fait pour eux. Les cours les ennuient, ils décrochent, et se réorienteront.

 

La réaction des écoles face à l’absentéisme

Bien évidemment, les écoles de commerce ne voient pas ce phénomène d’un bon œil. Pour mettre fin à ces absences régulières, elles prennent des mesures drastiques. C’est le cas par exemple à KEDGE BS, où deux absences dans une matière entraînent désormais obligatoirement un rattrapage. Dans le même esprit, à ICN Business School, l’administration a tranché. Depuis la rentrée, une fausse signature sur la feuille de présence peut coûter à l’étudiant un conseil de discipline. A l’ESSEC BS, au bout de deux absences injustifiées, c’est quatre points en moins dans la moyenne. Toutes ces mesures ont diminué les absences dans certains cours, même si la fermeté à des limites. « En septembre, on tâte donc le terrain, on se renseigne sur les professeurs qui font l’appel, ceux qui ramassent le travail, et on s’organise. Heureusement, tous ne jouent pas le jeu ! » me confiait un étudiant d’école de commerce souhaitant garder l’anonymat. Ce jeu du chat et de la souris n’est donc pas prêt de cesser !

 

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