Le Venture Capital est l’activité d’investissement dans les startups et jeunes entreprises, et ce à différents niveaux de croissance et maturité (seed, série A, B, C, etc…). Pour parer aux besoins de gestion du portefeuille tant de deal flow (analyse des demandes d’investissement) que de due diligence (identification de l’entreprise, de son marché, de son potentiel, de ses caractéristiques), les fonds font souvent appel à des stagiaires pour les aider. Ces stagiaires, généralement issus de grandes écoles, intègrent le fonds pour une durée moyenne de 6 mois et sont plus ou moins responsabilisés selon l’organisation du fonds.

 

La base de la base : distinguer les fonds de Venture Capital et choisir dans lesquels postuler

Première remarque très importante à noter concernant les fonds de Venture Capital : tous les fonds sont différents, tant sur leurs startups cibles que leur mentalité, leur industrie de prédilection ou encore leur zone géographique.

Premièrement, les fonds investissent dans des startups aux maturités différentes. Alors que certains se spécialisent dans des investissements pour seeds (startup qui cherche encore son business model, ayant une valo n’excédant pas 1-2M€), d’autres peuvent majoritairement chercher des investissements en série C (croissance internationale, licorne ou presque). Ces cibles dépendent avant tout de la raison d’existence du fond et des objectifs de ses gérants. Plus la startup est mature, plus l’investissement est sécurisé ; les fonds investissent en conséquence.

Ce qui nous amène au deuxième point : les objectifs et raisonnements des fonds. Alors que certains fonds mettront en priorité la rentabilité pure de leur investissement (ces fonds ont généralement une activité de Private Equity en parallèle), d’autres par exemple se clameront plus « entrepreneur-friendly » et proposeront une valeur ajoutée (services, mise en contact,…) en complément de l’argent investit. « Being a VC is not sufficient anymore ». La tendance actuelle est justement de questionner quels autres services un VC peut apporter à une start-up.

 

Meme trouvé sur la page “Venture Capital memes”

 

Troisième point, certains fonds investissent dans des industries ou des secteurs particuliers et recrutent en conséquence. Un fonds orienté technologie comme Partech aura par exemple plus tendance à recruter des profils ingénieurs. Il y a des fonds généralistes (Ring Capital, Serena,…), orientés digital (C4 Ventures, West Web Valley,…), Deep Tech (Abies), foodtech (Danone Manifesto Ventures,…), fintech (XAnge, Kima,…) etc… On vous conseille cet excellent article qui dresse un tableau complet du VC en Europe.

Dernier point, les fonds opèrent dans des secteurs géographiques différents selon leur identité ou leur ancrage, ce qui ne devrait cependant pas conditionner le recrutement de stagiaire. La West Web Valley opère par exemple dans le Grand Ouest de la France, Paris inclus, et investit dans les start-ups de cette région uniquement.

Comment donc choisir dans quels fonds postulés ? Cela dépend de vous : cherchez-vous plutôt un “joli nom” ou quelque chose de moins brillant avec plus de responsabilités ?

 

Quel profil recherché ?

Il n’y a pas de profil ou d’expérience impératifs ou absolus pour rejoindre un fonds. En revanche, trois types d’expérience sont appréciés : en start-up, en conseil (dans le même secteur que le fonds, c’est top) ou en finance (M&A, transaction services, private equity, etc…). En start-up parce que vous avez déjà touché les thématiques de l’entrepreneuriat, ses challenges et ses difficultés. En conseil ou en finance parce que vous êtes supposés à l’aise avec les process avec un bon esprit analytique. C’est la garantie pour le fonds d’une certaine rapidité d’exécution concernant la gestion du deal flow et d’une détection efficace des + et des – d’un investissement potentiel. Encore une fois, ces expériences sont des avantages dans une candidature, non-négligeables quand on sait que le VC offre peu de places mais reçoit beaucoup de demandes.

Les VC ne demandent pas forcément une école en particulier, hormis une petite poignée qui préfèrent des ingénieux à des commerciaux. En revanche, la majorité des fonds est basée à Paris et recrute dans des écoles parisiennes (X, HEC, Centrale, ESSEC,…). Rien de rédhibitoire, mais ça aide.

 

Le process de recrutement

Le process est malheureusement différent selon les fonds et leur « popularité » auprès des candidats. Si la pratique générale est : CV + lettre (à envoyer à une adresse mail particulière), puis une série de deux ou trois entretiens avec le responsable du fond ou un partner, certains optent pour des formats différents. Pour la candidature initiale, certains imposent de candidater directement depuis une page Internet (XAnge, C4 Ventures,…), l’occasion pour eux de vous poser d’emblée quelques questions qui permettront le premier screening, en complément du CV et d’une lettre éventuelle. Post-screening, à Alven par exemple, on vous demandera d’analyser un Business Plan devant l’équipe. À Ring, on pourra vous demander, dès le premier entretien, de préparer une étude sur deux ou trois startups dans lesquelles le fonds en question pourrait investir en justifiant votre choix.

Selon l’organisation interne du fonds, vous pouvez espérer recevoir une réponse définitive d’acceptation environ un mois après votre candidature initiale, mais ne trainez pas pour postuler ! Les réponses de refus viennent assez rapidement, comptez entre un jour et deux semaines, mais cela dépend de « l’urgence » pour le fonds et des moyens mis à disposition du recrutement.

En VC, il y a peu de places pour beaucoup de candidats, donc ne désespérez pas ! Ne désespérez pas non plus de recevoir une réponse négative « copier-coller » car c’est courant au vu du nombre de candidatures (vous pouvez parfaitement recevoir un mail négatif « nous recherchons des candidats ayant une expérience en start-up et en finance » alors que vous avez justement une expérience dans ces deux secteurs…). N’hésitez pas non plus à demander un feedback, ça ne fait pas de mal pour la suite et ça montre votre intérêt pour le fonds (pour la suite, sait-on jamais).

 

Bien préparer sa lettre de motivation et son CV

La lettre de motivation est aussi importante que le CV (dont on vous explique les bases dans cet article, mais vous pouvez aussi opter pour un CV plus “financier”).

Pour le CV, il n’y a pas de format type comme en finance. En revanche, il doit faire apparaître très facilement (n’oubliez pas, il y a beaucoup de candidats en VC) vos expériences importantes : startup, conseil, finance. N’hésitez donc à faire apparaître en gros en gras en premier les mots « M&A », « Station F », « Process », « Investment », Deal flow », « Private Equity », etc…

À l’inverse des banques et cabinets, les start-ups ne sont pas forcément connues des recruteurs VC, ce qui vous impose d’identifier cette dernière : précisez le chiffre d’affaires, est-elle incubée, est-elle première à proposer son service,… et ce évidemment en complément des missions réalisées durant votre expérience.

La lettre en VC est un exercice exigeant : elle doit faire transparaitre votre intérêt certain pour le VC mais aussi pour le fonds en question, tout en faisant comprendre au recruteur en quoi vos diverses expériences seraient « suitable » pour le VC. Un format adapté est par exemple le suivant :

  • Paragraphe 1 : pourquoi le VC puis pourquoi ce fonds ? qu’est-ce qui vous intéresse dans ce dernier ? L’identité du fonds doit clairement apparaître dans cette partie (fondé par des entrepreneurs, orienté telle ou telle industrie, etc…).
  • Paragraphe 2 : en quoi mon expérience (principale ou actuelle) fait de moi un bon candidat pour le VC ?
  • Paragraphe 3 : en quoi une de mes autres expériences fait de moi un bon candidat pour le VC ?

Après la description de vos expériences, n’oubliez pas de toujours ramener à la question « pourquoi le VC ? ». Un exemple de formulation « Quoi – Comment – Pourquoi » :

 

Jencadre par exemple lintégration de (startup X), une startup récemment acquise par (mon entreprise de stage) qui révolutionne (introduire un marché), dans les processus internes du groupe en travaillant au quotidien avec ses fondateurs et les équipes commerciales. Ces missions requièrent une importante attention aux détails, un respect exigeant des processus et le goût des responsabilités multiples et je pense avoir l’autonomie, l’organisation et le sens de l’initiative nécessaires pour mener à bien les missions que vous me confieriez.

 

Meme trouvé sur la page “Venture Capital memes”

 

Bien se préparer aux entretiens

Les entretiens de motivation et de « fit », sont souvent similaires selon les VC mais se feront selon l’envie de la personne qui fait passer l’interview (un associate ou un RH accompagné éventuellement d’un stagiaire). Il n’y a pas de format commun !

Les entretiens doivent permettre de comprendre votre intérêt et votre connaissance du monde VC et de l’entrepreneuriat. Vous pourrez être questionné sur vos motivations à rejoindre le VC, le fonds en particulier, et en quoi vos expériences précédentes et actuelles feraient de vous un bon VC. On vous conseille, premièrement, de vous renseigner sur la culture du fonds et de préparer vos arguments sur comment vous collez au profil recherché. Deuxièmement, préparez vos arguments sur le quotidien du VC ; ils recherchent principalement des expériences dans le scale-up ou dans des process d’investissement (M&A, etc…). Dans vos diverses tâches, n’hésitez pas à insister sur l’élaboration d’un process et la dimension analytique de votre travail. Vous pouvez aussi parler de votre intérêt pour l’entrepreneuriat : la passion pour la création, les challenges du quotidien en entrepreneuriat, etc… Les expériences « start-up » sont généralement l’occasion de parler du quotidien entrepreneurial. À vous de trouver les bonnes formulations !

Dans le cas des études, que vous ferez en présence d’un partner et peut-être du stagiaire actuel, adoptez une approche nuancée en présentant l’entreprise étudiée, expliciter son potentiel, et, partie la plus importante, justifier les « pros » et « cons » d’un investissement. Commencez d’abord par les lister puis rentrez dans les détails dans un second temps en citant les problèmes éventuellement rédhibitoires auxquels pourrait se confronter la start-up. Quelques pistes de réflexion à souligner lors de vos différentes études :

  • Les barrières à l’entrée (Structures du marché)
  • Les caractéristiques (remplit-elle les critères du fonds ?)
  • Des concurrents proposant DEJA le même service (Timing)
  • Des associés pas tous à plein-temps ou un capital réparti 50-50 (Organisation)
  • Y a-t-il un REEL besoin chez le consommateur ? (Produit)
  • Le background des fondateurs (plusieurs compétences ?)

En simple, faites preuve d’un fort esprit critique et n’hésitez pas à souligner le pour et le contre, c’est ce qu’on vous demande.

 

Notre astuce : suite à l’entretien, n’hésitez pas à envoyer un mail de remerciement à l’interviewer, le remerciant pour son attention ainsi que ses insights suite à une question que vous aurez pris le soin de préparer en avance.

 

Les éventuelles questions que vous pouvez déjà préparer

  • Pouvez-vous vous présenter ? (prévoir une rapide intro concise, apprise mais naturelle)
  • Pourquoi le VC ?
  • Et pourquoi notre fonds et pas un autre ?
  • Les étapes d’une startup jusqu’au statut de licorne ?
  • Une startup de notre portfolio dans lequel vous investiriez ?
  • Et une autre dans laquelle vous n’investiriez pas ?
  • Quelles tendances porteuses pour le VC ?
  • Bonus : super article qui répertorie une vaste majorité de questions “posables”.

 

Notre astuce : au vu de la masse de candidatures, vous pouvez, sous prétexte de demande d’informations, contacter quelqu’un dans le fonds visé avant l’ouverture des candidatures. Vous n’avez rien à perdre et on pourrait se souvenir de vous… De façon générale, le monde du VC est un petit monde, surtout en Ile de France. N’hésitez pas à jouer de vos relations (famille, stagiaire de la même école,…).

 

Bonus : comment marche VRAIMENT un fonds ?

Des investisseurs particuliers et professionnels investissent dans une même entité juridique gérée par un management (associate, analyst, intern,…). Le fonds assure la partie investissement, se rémunère une partie fixe et une partie variable calculée sur les performances.

L’organisation d’un fonds de VC. Réalisée par M. Nicolas CELIER pour Ring Capital

 

 

La chaine de valeur d’un fonds de Venture Capital

 

Bonus 2 : les tendances actuelles du VC ?

Rien d’exhaustif, mais on a sélectionné pour vous quelques tendances sympas du Venture Capital. Les tendances sont d’autant plus compréhensibles si elles sont accompagnées d’un exemple.

  • « Entrepreneur-friendly » : en plus des fonds investis, que peuvent apporter les fonds de Venture Capital aux start-ups ? Des contacts parmi un réseau de professionnels et d’investisseurs ? Une expertise ? Un soutien ?
  • L’IA : à terme, l’intelligence artificielle pourrait aider les investisseurs à mieux choisir les investissements sur des bases statistiques, etc…
  • Les « Zebras » : des jeunes entreprises à fort potentiel, profitables et qui s’engagent dans l’économie social et solidaire ou pour l’environnement. Plus généralement ; il y a un processus de verticalisation des fonds, qui sont plus sélectifs concernant le business model et la technologie employée.

 

Bonus 3 : l’emploi du temps d’un VC ?

Bon, ok, l’emploi du temps d’un VC varie d’un fonds à l’autre. Mais certains sujets se ressemblent plutôt beaucoup entre tous. On a demandé et on a obtenu cette décomposition :

  • 25% du temps : échanger avec des experts de secteurs concernant divers investissements.
  • 20% du temps : assister ou intervenir à des évènements (conférence, coaching, lancement d’incubateur…).
  • 15% : échanger avec d’autres VC du même ou d’autres fonds (update sur des deals, renseignements, etc…).
  • 15% : communication sur les réseaux, écriture d’articles,…
  • 15% : relation avec les entrepreneurs, incubateurs, etc…
  • Autre pour 10% : échange avec d’autres personnes (business angels),…

 

 

 

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