Carrière

Quelle insertion professionnelle après une Grande École ?

Quelle insertion professionnelle après une Grande École ?
Nicolas Berrou

Le 13 juin à Paris s’est tenue une conférence organisée par la Conférence des Grandes Ecoles et l’ENSAI de Rennes, pour présenter leur 25ème enquête annuelle sur l’insertion des jeunes diplômés de Grande École. Dans leur grande mansuétude, les organisateurs ont envoyé une invitation à Up2School, ainsi que des journalistes de grands médias nationaux comme BFM Business, Le Figaro Étudiant ou Challenges. Présidaient la conférence Renan Duthion, directeur de l’ENSAI, Anne-Lucie Wach et Francis Jouenjean, respectivement présidente et directeur général de la CGE, et enfin Peter Todd, DG d’HEC Paris.

La CGE est une association regroupant 220 Grandes Écoles, tous secteurs confondus, qui travaille à la manière d’un think tank en produisant enquêtes, synthèses et propositions faisant sens au plan national français. Grâce à l’exigence de sa candidature pour en devenir membre, et des critères rigoureux qu’elle exige afin d’accréditer une formation, la CGE garantit le respect des codes fondamentaux de l’Éducation Nationale ainsi que la qualité des formations proposées. Toutes les grandes écoles de commerce post-prépa en sont membres (oui oui, on a bien dit « toutes »).

Il a aussi été rappelé qu’une des missions de la CGE était d’offrir de la clarté et de la visibilité dans le secteur de l’éducation face à la complexité croissante des niveaux de diplômes et des appellations. Pour en découvrir plus (et passer un bon moment), vous pouvez aller voir le documentaire d’Envoyé Spécial « Dans la jungle des commerces ».

 

Chaque année, la Conférence des Grandes Écoles en partenariat avec l’ENSAI publie une enquête annuelle réalisée auprès de jeunes diplômés de grandes écoles de management et d’ingénierie. Sont évalués les salaires à la sortie de l’école, la facilité d’ insertion sur le marché de l’emploi, la taille des entreprises qui embauchent, l’évolution de l’apprentissage, etc… 77 000 jeunes diplômés de 2016 ont répondu à l’enquête entre janvier et mars dernier, ce qui a permis un détail précis et exhaustif de la situation actuelle, même si la CGE s’est interdite toute différenciation entre des écoles d’une même filière.

Chers futurs diplômés de grandes écoles de commerce, soyez heureux et rassurés car l’embellie économique est au rendez-vous. Le taux d’insertion (i.e. les diplômés qui trouvent un travail dans les 6 mois après leur sortie) est en constante croissance depuis 3 ans et atteint, pour ingénieurs et managers, un score honorable de 86,5% contre 83,1% en 2016. À moins qu’une autre crise soudaine vienne ternir votre future et vos projets de carrière, vous gagnerez en moyenne plus que vos prédécesseurs (et que les ingénieurs). En 2017, les jeunes managers, toutes écoles confondues encore une fois, touchent en moyenne 40 269€ avec primes contre 37 089€ pour les jeunes ingénieurs. Good news, vous pourrez peut-être rembourser votre prêt étudiant avant la retraite.

 

Malgré cette encourageante amélioration, des disparités persistent entre hommes et femmes. En 2017, un homme diplômé d’une grande école gagne environ 1 948€ bruts annuels de plus qu’une femme. Pourquoi ? On ne sait pas. On n’en sait pas plus non plus sur les raisons qui permettent une plus grande proportion d’hommes cadres ou en CDI, comparée à celle des femmes.

S’est posée aussi la question du devenir de l’apprentissage, formation qui permet à un étudiant, sous réserve d’avoir trouvé une entreprise, de réaliser une majorité de ses études dans cette entreprise en suivant en parallèle des cours à l’école. La qualité de cette formation est encore peu reconnue, et son format en trois ans obligatoires a découragé de nombreuses écoles qui ont préféré s’en remettre à une formation plus classique. De même, il est question, avec la nouvelle ministre de l’Enseignement Supérieur Frédérique Vidal, de flexibiliser cette voie dans les GE de management post-bac et post-prépa. Notons cependant la futile distorsion suivante : sachant qu’un étudiant souhaitant faire de l’apprentissage doit généralement trouver par lui-même son entreprise, les jeunes d’origine modeste sont désavantagés et ne disposent pas du même réseau que d’autres jeunes d’origine plus aisée.

 

Le problème du classement des grandes écoles a aussi été évoqué. Certaines voix s’élèvent contre la subjectivité, le manque d’exhaustivité ou l’opacité de certains classements … « comme celui du Financial Times ». Mouais. Étant donne le sérieux et la rigueur dont ils ont fait preuve en comparaison à la presse nationale et la transparence dont ils témoignent, on doute de la pertinence de cet exemple.

Nous pensons à Up2School qu’aucun classement n’est objectif et ne peut prendre en compte tous les critères à la sortie, comme le salaire, la facilité d’ insertion, la taille de l’entreprise, etc … En réalité, chaque personne doit se faire son opinion selon ses propres critères et considérer les classements comme une aide, et pas comme un facteur définitif pour se décider. Saluons aussi le sérieux de certains journalistes qui face ce problème de classement des écoles ont tout simplement proposé lors de cette conférence … de simplement supprimer tout classement. Pourquoi pas.

 

Blague à part, nous vous proposons une synthèse de données et chiffres encourageants ressortis de cette enquête, sur l’insertion des diplômés, qui éventuellement vous motiveront pour votre intégration ou votre “diplomation”. Et nous insistons encore sur le fait que ces chiffres ne font pas la différence entre les écoles d’un même secteur (manager ou ingénieur). LA CGE s’y refuse mais la distinction serait intéressante.

  • 86,5% des jeunes diplômés de GE trouvent un emploi dans les 6 mois après leur sortie.
  • Le salaire annuel moyen hors prime est de 34 864€, avec un léger avantage pour les managers.
  • Le secteur Banque-Assurance est celui qui paie le mieux avec une rémunération annuelle hors prime moyenne de 49 433€ pour les hommes, et 36 500€ pour les femmes.
  • Un manager sur cinq travaille à l’étranger, et parmi eux, 30% se situent au Royaume-Uni ou en Allemagne. Un ingénieur sur dix tente sa chance à l’étranger.
  • En France, 79,1% des diplômés trouvent un CDI à la sortie.
  • 13% des diplômés sont des apprentis et parmi eux, 89,5% trouvent un emploi dans les 6 mois.

 

L’enquête complète : http://www.cge.asso.fr/wp-content/uploads/2017/06/CGE-Infographie-Enque%CC%82te-insertion-2017-13-juin.pdf

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