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Greensheep, la start-up qui loue des moutons pour tondre la pelouse

Greensheep, la start-up qui loue des moutons pour tondre la pelouse

Il y a quelques semaines, nous signons une tribune pour expliquer le fait de lever des fonds pour une start-up, procédé systématiquement encensé par les médias, n’est pas forcément le reflet de sa réussite. Pourquoi s’extasier sur les sommes que les Venture Capitalists et autres Business Angels consentent à investir dans des projets ? Par opposition, d’autres jeunes entreprises pérennes n’ont pas besoin de se diluer contre du cash pour se développer ; c’est ce qu’on nomme en bon français le bootstrapping. Nous avons rencontré l’un de ces porteurs de projet : Paul, ses moutons et sa start-up Greensheep !

 

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis fondateur et CEO de Greensheep, premier service de location de moutons pour tondre la pelouse, un service dédié aux entreprises. Mon métier c’est l’éco-pâturage professionnel.

 

Comment l’idée de ta start-up t’est-elle venue ? Depuis quand existe-t-elle ?

Mes grands-parents ont une ferme à la campagne et j’ai eu l’idée d’installer des moutons pour remplacer la tondeuse… pour épargner le bruit du moteur aux voisins aussi. La start-up existe depuis 2015. Mais je ne suis pas arrivé là par hasard : j’ai suivi une formation d’ingénieur avec pour spécialité l’entretien du paysage.

 

En quoi consiste ton travail au quotidien ?

Je m’applique à donner les bons outils à mes collaborateurs pour qu’ils puissent travailler dans les meilleures conditions : nous travaillons pour les entreprises de transport et de la logistique, les industriels mais aussi des installations de panneaux solaires au sol et des sites plus surprenants comme les prisons. Tous ont d’importantes réserves foncières à entretenir, si possible en faisant des économies.

Notre équipe est constituée de commerciaux pour la phase projet, de techniciens pour la réalisation des installations (clôtures, abri, moutons) partout en France et de 20 bergers locaux pour le suivi.

Mon travail consiste donc aussi à épauler les bergers dans leur travail en leur apportant une expérience globale de l’éco-pâturage.

 

Tu te développes actuellement sur logique bootstrap peux-tu préciser ?

Nous avons développé GreenSheep sur la base de fonds propres en se concentrant sur l’obtention et la satisfaction de nouveaux clients. Notre chiffre d’affaires augmente de manière soutenue et cela nous permet aujourd’hui de couvrir l’ensemble de nos couts fixes, GreenSheep est donc à l’équilibre et l’activité est rentable.

Mais pour moi le bootstrapping ne passe pas seulement par une croissance à deux chiffres c’est aussi la maximisation des coûts variables aux dépends des couts fixes. J’entends par coûts variables les dépenses liées à une rentrée de cash et à contrario les coûts fixes les dépenses liées à l’existence même de l’entreprise et de son concept. En ce qui nous concerne nous achetons des moutons uniquement pour les installer sur des nouveaux sites clients. Nous avons des partenariats avec des éleveurs de moutons d’Ouessant ce qui nous donne aussi une bonne visibilité sur nos achats.

 

Penses-tu devoir lever des fonds à terme ?

Non je ne pense pas. Si nous avons besoin de fonds pour nous développer à l’international dans un avenir proche nous opterons pour des prêts. L’activité est stable et les banques nous font confiance.

Et puis aujourd’hui les prêt sont incroyablement avantageux.

 

Vois-tu ton projet comme quelque chose de pérenne ?

Nos contrats ont une durée de 3 ans reconductibles, la visibilité du chiffre d’affaires est donc excellente. Par ailleurs on s’engage à élever et à prendre soins de nos moutons c’est une responsabilité qui n’est pas légère. Maintenant en bon entrepreneur je suis conscient que l’innovation arrive très vite et peut être qu’un jour on inventera un gazon qui reste tondu toute l’année. Pour l’instant notre innovation a été de remettre au goût du jour la pratique ancestrale de l’écopâturage.

 

Tu as choisi de t’engager seul dans cette aventure, pourquoi ?

Je m’en sentais capable mais pas seulement… personne ne voulait me suivre (rire) ! Je dois avouer que l’idée suscitait plus le rire que l’enthousiasme dans mon entourage

 

Tu comptes les moutons pour t’endormir le soir ?

Ça devient de plus en plus dur de tous les compter maintenant que l’on a passé la barre des 1000 moutons ! Et puis ma copine ne serait pas très contente.

 

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Fondateur du groupe Up2School (Business-Cool, Major-Prépa et Forum-Commerce) et étudiant à NEOMA BS.

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