A l’approche des élections européennes, Business Cool vous propose une série d’articles sur les liens entre école de commerce et politique. Alexandre Jevakhoff, ancien élève d’HEC, de Sciences Po et de l’ENA a accepté de répondre à nos questions et de revenir sur sa carrière de haut fonctionnaire. C’est ce que beaucoup appelleraient un “homme de l’ombre”, qui connaît parfaitement les rouages de la politique française. Il totalise près de 15 années au sein de différents cabinets ministériels au plus haut sommet de l’Etat.

 

  • Rapidement, comment synthétiseriez-vous votre parcours ?

J‘ai fait HEC et appartient à la promotion 1975, la même que François Hollande et Jean-Marc Janaillac [ancien PDG de Air France] pour la petite histoire. Deux choses sont importantes sur cette année 1975. D’abord c’est peu après 1968, à la sortie du restaurant universitaire de Jouy, il y avait tous les stands idéologiques possibles, des communistes, des maoïstes, des trotskistes. On appartenait à une génération assez attentive aux questions politiques, d’autant plus qu’il y avait beaucoup de discussions autour des entreprises et des multinationales. Deuxième point, VGE est élu président de la république en 1974, il donne une tonalité nouvelle à la manière de faire de la politique et de diriger la France. Ça a été important pour moi, c’est une des raisons pour lesquelles j’ai décidé de faire l’ENA après HEC.

Après HEC, je rentre à Sciences Po Paris, je suis une formation en droit international privé car je ne suis pas sûr d’intégrer l’ENA. J’y rentre finalement et à la sortie, j’ai la chance de pouvoir choisir ce qui m’intéresse car je suis bien classé : l’inspection des finances.

Ensuite, c’est une carrière assez « classique » pour un haut fonctionnaire, je passe par des cabinets ministériels. Il y a donc forcément une porosité entre le milieu administratif et politique. Porosité qui s’accentue en 1981 avec l’arrivée de la gauche au pouvoir et l’alternance droite/gauche. Tous les membres des cabinets ont des convictions politiques qui correspondent à celles du pouvoir en place.

 

  • Avez-vous toujours voulu faire de la politique ?

A la sortie d’HEC, je ne voulais pas travailler j’hésitais à faire un MBA aux Etats-Unis dans une université type Harvard ou préparer l’ENA. Le modèle Giscard l’a emporté et il faut bien comprendre que c’était une vraie rupture dans la paysage politique à l’époque, peut-être plus que Macron. En plus, je suis d’origine russe, mes grands-parents étaient des « russes Blancs », ils ont quitté la Russie au moment de la révolution contre les Rouges. Tous mes ancêtres ont servi en tant qu’officiers donc j’avais une certaine culture du service de l’Etat.

 

  • Dans quels cabinets avez-vous travaillé ?

J’ai commencé paradoxalement par un cabinet de gauche après l’élection de Mitterrand en 1988 dans le gouvernement Rocard en tant que directeur adjoint du cabinet de Maurice Faure. C’est une personnalité un peu oubliée, très proche de François Mitterrand et ministre d’Etat, de l’équipement et du logement. Il a quitté le gouvernement après les municipales de 1989 car il était opposé au blocage des loyers à Paris et Lyon.

Après un détour dans le privé, je suis nommé en 1993 après les législatives directeur des affaires financières et immobilières au ministère de l’intérieur par Charles Pasqua. Et lorsque Jean-Louis Debré succède à Pasqua en 1995, Pasqua est ministre de l’intérieur et son directeur de cabinet est l’ancien directeur de cabinet de Maurice Faure. Il m’a demandé de rester directeur d’administration centrale et d’être officieusement dans le cabinet de Jean-Louis Debré jusqu’en 1997.

Ensuite en 2002, je suis avec Michèle Alliot-Marie pendant 5 ans à la défense (2002-2007). Je la suis à l’intérieur (2007-2009), je reste avec elle à la justice (2009-2010) et enfin au Quai d’Orsay jusqu’en 2011 lorsqu’elle quitte le gouvernement à la suite des péripéties tunisiennes. Voilà, donc 9 ans dans 4 ministères « régaliens » avec Michèle Alliot-Marie.

 

  • Que vous a apporté HEC dans l’exercice de vos fonctions politiques ?

Il faut savoir que les cours d’HEC d’il y a 40 ans étaient très éloignés de l’administration publique. Ce que j’ai appris à HEC et qui est important en revanche, c’est un sens de l’efficacité, du résultat et de l’anticipation. C’est très utile dans le milieu administratif et politique, se fixer des objectifs et se mettre la pression pour les atteindre : c’est une valeur ajoutée apportée par les écoles de commerce et le milieu de l’entreprise.

Quand j’ai eu la chance de travailler avec Michèle Alliot-Marie, lorsqu’elle engageait une réforme, elle voulait un suivi régulier pour qu’elle aboutisse. Ça m’a conduit à recalibrer, à tenir des réunions toutes les quinzaines ou tous les mois pour s’assurer que l’équipe suivait, mettait en place la réforme comme elle avait été annoncée et pour trouver où des erreurs pouvaient se glisser. Au-delà de la vision des cabinets dans l’annonce et la communication, on reproduit parfois des univers d’entreprise.

 

  • Avez-vous un exemple ?

Très concrètement par exemple, quand il s’agissait au ministère de la justice de rentrer dans une logique de dématérialisation au début de la décennie actuelle, on nous disait que ça allait prendre trop de temps. J’ai dû suivre le dossier avec les avocats, magistrats pour s’adapter et faire avancer la chose le plus vite possible.

 

  • Faire carrière dans le privé avant la politique, est-ce nécessaire selon vous ?

Non pas nécessairement. C’est plus une question de personnalité et d’opportunité. Moi par exemple, je suis passé 3 fois dans le privé sans rencontrer de succès alors que j’en avais beaucoup envie. L’expérience montre que le privé est compliqué car les règles du jeu ne sont pas les mêmes, je me répète mais c’est vraiment une question d’opportunité. Et puis si l’on se trompe, il faut savoir rebondir dans l’un ou l’autre.

Il est important de comprendre que les univers privé et politique sont deux univers différents. En 1986 par exemple au moment de la cohabitation, on a fait rentrer au gouvernement beaucoup de personnalités de la « société civile ». Ils se sont plantés car ils ont appliqué mécaniquement les méthodes qui fonctionnaient en entreprise. Il faut s’inspirer mais ne pas faire du clonage car on est sûr d’aller à l’échec.

 

Pour lire la première interview de notre série “Politique et écoles de commerce”, avec Virginie Calmels, cliquez ici

 

 

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