Rencontre avec Céline, étudiante à HEC et présidente de la FFDE.

Pourrais-tu nous expliquer ton parcours ?

Je suis en M2 à HEC en spécialisation Management stratégique. Mon parcours ressemble à beaucoup d’autres : adolescence en proche banlieue parisienne, classe prépa à Ipesup, les années campus et les assos, la césure… Un parcours assez classique que j’ai essayé de personnaliser avec un M1 en philosophie à la Sorbonne et avec mon engagement dans l’éloquence associative. En somme, cocher les cases tout en satisfaisant ma curiosité.

 

Peux-tu nous expliquer ce qu’est la Fédération Française de Débat et d’Éloquence ?

La Fédération Française de Débat et d’Éloquence est une organisation étudiante regroupant près de six cents membres à travers une trentaine d’associations d’éloquence partout en France. Universités, IEP, grandes écoles de commerce et d’ingénieurs, écoles spécialisées, notre réseau est aujourd’hui extrêmement diversifié. Notre mission quotidienne est la promotion des arts oratoires dans les milieux étudiants à travers la formation pédagogique, l’aide aux associations et l’organisation de divers concours et procès historiques. Le Championnat de France de débat parlementaire reste une institution avec tous ses chocs inter-assos, son esprit collectif, ses exigences en termes de travail d’équipe et de réactivité… Mais nous organisons aussi le Trophée des Orateurs, concours d’éloquence où s’affrontent les champions de toutes nos assos. Et n’oublions pas les grands procès au cours desquels des étudiants minutieusement sélectionnés ont la chance, le temps d’une soirée, d’accuser ou de défendre de grandes figures de l’Histoire aux côtés de ténors du barreau. Le dernier en date, celui de Louis-Ferdinand Céline, début novembre, a rassemblé près de dix mille pré-inscrits. La soirée a été incroyable, à la hauteur de l’engouement suscité par un sujet aussi polémique. Et enfin, et c’est peut-être l’essentiel, il y a nos activités de formation, en présentiel ou à travers des supports pédagogiques. Au-delà de l’adrénaline et des paillettes, nous sommes là avant tout pour faire progresser nos membres. Ces trois missions constituent notre devise : Excellence (pour la formation), Audace (pour nos procès) et Unité (la FFDE reste avant tout une grande communauté unie autour d’un commun amour des mots).

 

Qu’est-ce qui a motivé ton choix de rejoindre cette asso, puis d’en devenir la présidente ?

À HEC, l’éloquence est enseignée depuis plusieurs années par l’incontournable Maître Bertrand Périer. C’est lui qui a conseillé à ses élèves de participer au Championnat de France de débat parlementaire. Au début, c’était uniquement un délire entre potes, puis nous nous sommes pris au jeu jusqu’à faire d’HEC la vice-championne de France de débat en 2016. Le grand problème avec l’éloquence, c’est qu’on peut difficilement s’en passer. En 2017, malgré la césure, nous avons donc fondé la première véritable association d’éloquence d’HEC, les Haut-Parleurs. Nous l’avons affiliée à la FFDE car nous avions adoré l’expérience du championnat et le bon esprit de cette fédération. La FFDE est une communauté d’étudiants passionnés avec des projets ambitieux et une réelle volonté de transmettre. Elle a un potentiel considérable, à condition d’être bien organisée. Lorsque j’ai vu que je pouvais la présider et mettre mes compétences au service d’un projet qui faisait sens pour beaucoup, je n’ai pas hésité une seconde. La fédération m’a beaucoup apporté et il était donc normal de me mettre à son service afin que d’autres étudiants connaissent à leur tour cette formidable expérience qu’est l’éloquence associative.

 

En quoi consiste ton rôle actuel au sein de la FFDE (organisation, missions, partenariats, …) ?

Le président de la FFDE doit être un véritable couteau suisse. J’ai pour mission d’encadrer une équipe de vingt personnes réparties dans différents pôles et événements. Mais j’ai la chance de pouvoir compter sur un bureau, des passionnés, des amis. Rien ne serait possible sans cette équipe et c’est un plaisir quotidien de travailler avec eux. Nous apprenons tous les jours et la fédération ne serait rien si elle n’était avant tout une aventure collective. Événements, partenariats, recrutements d’assos, financements, communication, rien ne doit m’échapper. Dans la pure tradition de De Gaulle, mon pré carré reste les relations avec les assos. L’associatif, c’est avant tout de l’humain et au-delà des questions purement techniques, il ne faut jamais perdre de vue le côté personnel. J’ai également la chance de juger de nombreux débats et concours d’éloquence. Entre la gestion quotidienne, les sessions de formation, les points avec les présidents d’assos, les procès, les chocs à juger, sans oublier les déplacements en région, mon agenda est assez chargé…

 

Comment se ressent la « rivalité » avec la FFD ?

Cela reste de l’associatif. Il y a certes une concurrence… mais de là à parler de rivalité…

Nous défendons deux conceptions différentes de l’associatif. La FFDE est une association étudiante, gérée par des étudiants pour des étudiants. Nous ne sommes pas des rentiers de l’associatif. Nous sommes au service de nos assos, pas l’inverse. Ce sont des relations de confiance, de transparence, d’amitié. Si l’éloquence est l’art de transmettre sa pensée par la force du langage, alors ce principe de transmission et de partage doit aussi être au cœur de l’exercice des responsabilités. Et cela passe par un bureau renouvelé chaque année et un président élu par ses pairs.

Il n’y a pas de rivalité. L’essentiel, c’est que chaque étudiant, chaque asso trouve son compte au sein de sa fédération : procès de Céline au Palais de Justice pour Paris, procès de Voldemort pour la FFD… Nous travaillons avant tout pour les assos qui nous ont fait confiance. Le reste, nous n’y prêtons pas attention.

 

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