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P’tite Binch, l’asso d’HEC qui brasse et déguste sa propre bière

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Commençons par une petite présentation des fondateurs 🙂

Albin : je viens d’Aix-en-Provence, j’ai vécu dix-huit années sous le soleil provençal avant de rejoindre Paris, Henri IV et la sombre vie de préparationnaire… Même en prépa, j’ai toujours été adepte du chill et des projets marrants… ce que tu fais en école de commerce quoi !

Robin : Je viens de Picardie où j’ai habité pendant 10 ans avant de vivre à Paris, d’où ma très jeune passion pour la bière. Je n’aurais jamais pensé brasser durant mes années prépa. Durant ces deux années, la bière était surtout un petit plaisir et l’occasion de se retrouver le temps d’un samedi soir avec mes amis autour d’une Binch (c’est en parti de là que vient le nom de l’association). J’aimais beaucoup ces moments qui me permettaient le temps d’une soirée d’oublier le stress de la prépa et de forger de belles amitiés.

 

Comment est venue l’idée de la création ?

Albin : Mes potes m’avaient offert un kit de brassage pour débutant 5L pour mes 18 ans… J’avais fait un jus de céréales infecte vraiment pas incroyable mais ça m’avait plu, donc l’idée a germé pendant la prépa peu à peu. Sans qu’on se connaisse, on était trois futurs membres de l’asso à avoir eu l’idée cet été après avoir appris notre admission. On partait d’un constat simple : il y a une offre de dégustation de vin dans toutes les écoles mais aucune en bière ! Il y avait donc tout à créer, et puis… pourquoi pas.

Tout s’est accéléré quand Robin a pris la parole lors du premier amphi de l’année pour expliquer son projet « P’tite Binch » : une association qui complèterait l’asso d’œnologie « Grand Cru » et qui en plus de ça, brasserait la bière d’HEC. Le type avait eu exactement la même idée que moi, j’étais un peu gêné et surtout très content. À la fin de cet amphi, nous nous sommes retrouvés avec Robin et Nicolas le troisième des fondateurs ; P’tite Binch était née.

Robin : Même si l’idée a surpris l’inimitable Eloïc Peyrache et son fameux « apprendre à oser », je crois qu’il a vite apprécié notre esprit d’initiative. En tout cas, les réactions auprès de la promotion 2021 étaient plus que positives. On peut donc dire que tous les signaux étaient au vert pour le lancement de P’tite Binch, la première asso des ESC à organiser des dégustations de bières artisanales d’une part et à brasser sa propre bière d’autre part.

 

C’est un projet assez original, quelle a été la réaction des autres étudiants mais aussi et surtout, de l’administration ?

Robin : Il y avait un réel engouement autour du projet, particulièrement chez les L3. Ensuite, on s’est renseigné sur la création d’association et c’est là qu’on a reçu beaucoup de soutien. Tout d’abord de la part du campus life office qui nous a fait part de ses attentes, puis de la part du BDE MCB qui a accepté et tout fait en sorte pour que nous devenions un club BDE. Être un club BDE signifie, en fait, être une sorte de « sous-asso » du BDE contenue dans la plus grosse entité légale. Se former en tant que club nous permettait de simplifier les démarches administratives et de gagner un temps précieux sur le lancement de l’association. C’est une pratique courante à HEC, de nombreuses assos comme les bars de l’école sont des clubs BDE.

Albin : … Enfin comme dans tout lancement d’asso, ça a été le début de beaucoup de travail et de problèmes. Même en ayant le business plan et les financements, tu galères pas mal à trouver un local. Heureusement le campus nous offrait de nombreuses opportunités. C’est tout de même plus simple d’installer une brasserie sur le campus de Jouy, qu’à République. Mais en réalité, tout a été plus compliqué que ça en avait l’air. Avec ce genre de projets, il te faut l’autorisation de toutes les parties prenantes à la vie et à la sécurité du campus. Les brûleurs à gaz que nous utilisons pour le brassage ont été une source infinie de tensions avec l’équipe de la sécurité, le fait que le projet soit lié à l’alcool n’aidait pas non plus… On a quand même entendu dire qu’on montait une distillerie sur le campus ! Finalement, au bout de la quinzième réunion et grâce au lobbying des responsables de la vie associative sur le campus, on a fini par trouver une solution.

Robin : Oui, je me souviens encore d’être revenu de vacances pour une réunion de crise dans le bureau de Madame Laliberté un 22 décembre. On a bien crû que le projet pourrait être avorté à tout moment durant cette période. Mais finalement, tout finit bien… Et, 4 mois plus tard, tu ne peux pas imaginer le plaisir que j’ai de commander nos bières au comptoir du Wunder.

 

À propos de la bière, vous pouvez nous en dire plus ?

Albin : On a d’abord commencé à brasser dans un petit chalet ouvert près du lac et de ses cygnes. C’est d’ailleurs de là que nous vient le nom de notre première bière : la Swan. Ça paraît charmant mais quand il fait -2 degrés, qu’il neige, tu préférerais vraiment être dans un vrai local. Et, maintenant nous brassons dans un chalet situé en haut du campus ; la fermentation en cuve s’effectue depuis toujours dans notre local situé en Kfet. Depuis le premier brassin jusqu’au dernier en date, la recette a bien évolué. Au début nous faisions une blonde assez simple de type Pale Ale… même si elle n’était pas super claire, c’était un début assez encourageant. Et nous avons embouteillé depuis peu notre quatrième brassin qui est une bière qui tire vers la rousse, plus élaborée, aux notes houblonnées et florales. Une bière dont nous sommes assez fiers !

 

Comment avez-vous réussi à financer ce projet ?

Albin : pour convaincre l’administration de financer un projet lié à l’alcool, on a fait beaucoup de forcing pour ne pas passer pour des touristes et pour montrer que le projet était vraiment plus qu’un simple délire d’étudiants. On nous a demandé de faire un bilan et un compte de résultat prévisionnels. Pour être honnête, faire de la compta pour ce projet était plutôt insoupçonné mais ça nous a aidés à y voir plus clair. Une fois le dossier prêt, nous avons pitché devant l’administration qui nous a donné notre première subvention en janvier.

Robin : On est aussi passés par le Dare Award co-organisé par Start’HEC – l’asso d’entrepreneuriat – et l’Oréal qui récompensait les projets associatifs innovants. P’tite Binch a été sélectionné pour la phase finale. Je me suis retrouvé du haut de mes 20 ans à pitcher cette fois-ci devant des dirigeants de l’Oréal, une occasion unique. Finalement, nous avons gagné le troisième prix : +1000€ pour l’association et une brasserie financée, j’étais vraiment soulagé à l’époque ! Enfin, il y a aussi la cotisation de nos membres et de nos adhérents.

 

Qu’avez-vous réalisé depuis la début de l’aventure ?

Robin : Depuis le début, l’association a deux objectifs. 1) Brasser la bière d’HEC à HEC par des élèves d’HEC. 2) Organiser des soirées dégustations ouvertes à tous en faisant intervenir des brasseries locales artisanales.

Depuis janvier, P’tite Binch c’est 5 soirées dégustations ayant réuni au total plus de 200 personnes. C’est, 4 brassins différents et la bière d’HEC en vente au Wunder (l’un des bars de l’école). C’est 17 membres au sein de l’association passionnés de bière qui travaillent au quotidien pour permettre aux campusards de goûter à des bonnes bières artisanales à des prix vraiment bas. Et, c’est surtout, une bande de potes qui se réunit autour de diners d’assos ou autour de nos cuves durant nos longues journées de brassage.

 

Quels projets pour la suite ? 🙂

Albin : Il y a d’abord les projets pour la fin de l’année. Les 10-11-12 mai, nous participons à l’organisation du MBA Tournament. C’est un événement sportif majeur qui regroupe à peu près 1400 MBA d’Europe et du monde entier autour de compétitions sportives sur le campus de Jouy. Nous avons conclu un accord avec le BDE des MBA pour leur fournir les 4500 litres de bières dont ils auront besoin pour l’événement. Pour réussir, nous allons brasser à façon chez la Brasserie la Barge à Rambouillet, une super brasserie qui nous a beaucoup aidés dans le projet depuis le début de l’année. C’est un beau projet qui permettra à l’association de grandir.

Robin : D’autre part, nous souhaitons réellement que P’tite Binch devienne une association pérenne du campus. C’est pourquoi, nous participons au Prix Nicolas Campard. Si nous gagnons, nous ferons l’acquisition d’une enfûteuse, afin de pourvoir fournir le Zinc (l’autre bar de l’école). Enfin, nous serons présents à l’accueil admissible ; prêts à présenter notre asso et à donner des idées à tous les gens motivés.
Nous avons bon espoir que ce type d’asso puisse naître dans toutes les ESC. Développer un réseau avec toutes les écoles seraient alors notre dernier projet.