« Quand on a voulu lancer le projet, la corpo nous a dit “on est à l’emlyon, on veut des projets d’envergure, qu’il y ait un objectif énorme”, nous sommes donc partis dans l’idée de faire l’Escape Trip, ce voyage à l’étranger avec des sports extrêmes et atypiques et des activités dépaysantes. »

Dans cette série d’articles, Business Cool vous propose de partir à la rencontre des fondateurs d’association dans les grandes écoles de commerce françaises.

Pour commencer cette série, nous partons à la rencontre de Carine et Mathis, deux étudiants en troisième année à l’emlyon, qui ont co-fondé le BDX, alias le Bureau des Sports Extrêmes.

 

Pour commencer, pouvez-vous nous présenter le BDX ?

« Le BDX est divisé en trois pôles d’activité, commence Mathis. Il y a le pôle Commando, qui est dédié aux activités de sensations fortes comme le Bun J Ride (saut à l’élastique avec un départ en vélo, luge etc.), le BarjoXtrEM (une course du combattant extrême) ou la NJS (parcours Ninja Warrior et Trampopark). Ce pôle, qui est au cœur de notre action, co-organise aussi l’XtrEM Day, une journée de sports extrêmes à Annecy – avec du parapente, du deltaplane, de la via ferrata et du canyoning – suivie d’une soirée. Le deuxième pôle est le pôle Explore, qui organise des activités atypiques comme du chien de traineau ou de la motoneige et bien d’autres activités dont on ne peut pas encore parler. Le troisième est le pôle Escape Trip, c’est un voyage de plusieurs jours dans un pays étranger grâce auquel les participants pourront vivre des expériences dépaysantes et extrêmes tout en découvrant la culture locale.

A côté de ça on a évidemment un pôle communication et un bureau qui définit la stratégie et gère les relations avec l’administration et la “corpo” (ou “Conseil de Corporation”, l’association qui chapeaute la vie de toutes les autres associations).

La relation avec cette dernière est très importante car pour le moment le BDX est une initiative étudiante et non une association. En fait à l’emlyon, on ne peut pas créer une association directement, on doit passer par le Conseil de Corporation de l’école qui encadre le développement des initiatives étudiantes pendant environ trois ans afin de s’assurer que seuls les projets sérieux et avec un potentiel de développement puissent ensuite devenir des associations étudiantes. C’est extrêmement important à l’EM car l’expérience associative de l’école est très reconnue par les recruteurs. Mais on fonctionne de la même manière qu’une association, à l’exception de la partie financière, où la corpo est un peu plus présente. D’ailleurs big up aux Harry Corpotter qui était la corpo de l’époque et qui nous ont bien aidés quand on a lancé le projet. »

 

Comment vous est venue l’idée de créer le BDX ?

« A l’origine le projet n’était pas forcément de proposer des activités de sports extrêmes. Ça s’apparente presque à l’histoire d’une start-up car le projet initial a été beaucoup transformé. Au début, on voulait faire découvrir la montagne aux étudiants avec des randonnées; moi j’en faisais tous les week-ends et je voulais rentabiliser mes trajets en organisant des co-voiturages via un groupe Facebook qui réunissait cinq cents étudiants de l’EM. On avait commencé à lancer le projet sans trop faire attention aux règles, notamment en créant un avatar sur Facebook, John Rando, et c’est là que nous avons eu le premier contact avec la corpo.

Ils nous ont demandé d’arrêter parce qu’avant de lancer un projet dans l’école il faut leur en parler au préalable, étant donné que ce sont eux qui gèrent les initiatives étudiantes. C’est donc là qu’avec Julien, co-fondateur et première personne à avoir rejoint l’équipe, nous avons voulu tout officialiser. On a commencé à faire pivoter les activités du projet vers des randonnées en petite dose et des activités atypiques, extrêmes – car la randonnée était déjà dans le champs d’action d’une autre association de l’emlyon – même si ce n’était pas notre objectif au départ. Finalement nous avons décidé d’abandonner la randonnée pour se concentrer sur les activités de sports extrêmes et atypiques. Ça n’a pas été facile d’opérer ce changement car c’est vraiment pour cette activité que les membres s’étaient engagés, on a donc perdu pas mal de personnes en cours de route. Et c’est ainsi qu’est né le BDX que l’on connaît aujourd’hui. »

 

Quel a été le rôle de l’administration dans tout ça ?

« Elle n’en a pas eu car l’administration a délégué le pouvoir de gestion des associations au Conseil de Corporation. Elle a peut-être un droit de regard sur la création du collectif mais en ce qui concerne les initiatives étudiantes ce n’est vraiment que la corpo qui a une influence; d’ailleurs chaque année elle fait une présentation en amphithéâtre pour nous inciter à créer nos projets.

Au début elle nous a accompagnés pour créer l’avatar ou pour organiser des rendez-vous avec d’autres associations afin de définir les limites de notre action et de s’assurer que l’on n’empiétait pas sur les activités d’assos existantes comme le Raid Hannibal (association de l’emlyon qui organise chaque année un raid itinérant, ndlr), le BDS, le club voile ou le ski club. »

 

Combien de temps cela vous a-t-il pris pour créer ce projet ?

« On a commencé en octobre 2017 avec la création d’un groupe facebook mais c’est en début novembre qu’on s’est dit qu’il fallait qu’on fasse quelque chose de plus officiel, notamment avec l’intervention de la corpo. C’est là qu’on a commencé à discuter entre nous pour définir le projet et l’améliorer et c’est à partir de décembre qu’on était à fond sur le BDX tel qu’on le connaît aujourd’hui. En février le projet était créé mais le BDX est vraiment devenu le BDX en mars avec les cooptations, c’est là qu’on a fait beaucoup de communication. Avant ça on était encore en phase de création et de discussion avec la corpo et les autres associations. »

 

Cela vous a-t-il demandé un gros investissement personnel ?

« Oui oui, au début ça nous prenait beaucoup de temps, pas forcément sur l’aspect administratif mais plutôt sur la définition du projet. On a dû rechercher plein d’idées d’événements à faire et décider de la stratégie à adopter à court, moyen et long terme. On devait faire le dossier pour que le Conseil de Corporation valide notre initiative étudiante et les premiers événements que l’on voulait organiser. Donc oui ça nous demandait pas mal d’investissement personnel mais on y prenait tellement de plaisir qu’on n’a jamais fait attention au temps qu’on y consacrait. On allait dans un appartement et on travaillait du matin au soir, c’était à la fois très intense et ultra enrichissant. »

 

Comment les étudiants de l’école ont-ils réagi au début quand ils ont entendu parler du projet ?

« Il y a eu un accueil plutôt favorable, même de la part des autres associations. On devait faire nos preuves au début et on a eu beaucoup de demandes pour intégrer l’équipe. Le projet était à peine officialisé que la phase de cooptation de mars a débuté, c’est la plus importante à l’emlyon. Elle arrive juste après la CRA, la Campagne de Renouvellement des Associations (les campagnes associatives de l’emlyon, ndlr), donc les membres des listes perdantes cherchaient quasiment tous une association. On faisait partie des associations qui avaient reçu le plus de demandes, ça nous a fait très plaisir. »

« Dès la création de l’avatar, complète Carine, on se demandait d’où ça sortait – car moi je n’étais pas encore dans le projet – on ne comprenait pas du tout ce que c’était. C’était sorti d’un coup et puis l’avatar avait été supprimé donc les gens étaient curieux, ils avaient envie de savoir ce qu’il se passait. Par la suite on a appris que c’était une nouvelle association de sports extrêmes, mais ils ne pouvaient pas annoncer leurs projets avant que ce soit créé officiellement donc tout le monde en parlait et se demandait quels types d’événements ils allaient faire. Et cette curiosité que les gens avaient a amené pas mal de monde à l’amphi de présentation. Ils ont diffusé une vidéo très bien faite et qui faisait rêver car elle présentait de nouvelles activités qui n’avaient encore jamais été faites à l’école. Je pense que c’est ça et le fait qu’ils pouvaient proposer leurs idées qui ont séduit les gens; parmi ceux qui voulaient intégrer le BDX, il y en avait énormément qui avaient un projet en tête qu’ils voulaient développer au sein de l’association. »

 

Et où en êtes-vous à l’heure actuelle, quel(s) événement(s) avez-vous déjà organisé(s) ?

« On a lancé notre premier événement début septembre, poursuit Carine, pendant la quinzaine d’intégration pour accueillir les nouveaux et leur présenter l’association. On a fait un pique-nique dans un parc avec des activités, une initiation à la slackline par exemple, il y avait de la musique, c’était très chill. Par la suite on a co-organisé avec le Raid Hannibal un événement de plus grande ampleur dont Mathis a parlé tout à l’heure, c’est l’XtrEM Day au lac d’Annecy. Les participants ont tous fait du canyoning et de la via ferrata et ils avaient ensuite le choix entre trois activités : l’ULM, le deltaplane ou le parapente. On avait un campement au bord du lac d’Annecy et entre les activités les gens étaient entre eux, ils pouvaient manger, écouter de la musique, observer le paysage… Et pour terminer la journée en beauté on a fait un dîner savoyard avec une tartiflette suivi d’une soirée. »

Comment voyez-vous le futur de l’association à long terme ?

« On veut devenir une association importante à l’emlyon, continue Mathis, et pouvoir proposer des événements dingues aux étudiants, que ce soit avec les sports extrêmes ou les activités atypiques et bien sûr développer le plus possible notre projet phare que sera l’Escape Trip. Quand on a voulu lancer le projet, la corpo nous a dit “on est à l’emlyon, on veut des projets d’envergure, qu’il y ait un objectif énorme”, nous sommes donc partis dans l’idée de faire des événements réguliers pour rythmer la vie de l’association, qui sera ponctuée par un projet qui sort du lot : l’Escape Trip, ce voyage à l’étranger avec des sports extrêmes et atypiques et des activités dépaysantes. On veut que pour ceux qui y participent ce soit un voyage de folie entre potes pour la fin d’année. Notre vision sur le long terme est donc de développer ce projet, on veut que ce soit quelque chose d’énorme donc on a déjà commencé à travailler dessus et on espère lancer la première édition en fin 2019. A long terme le BDX ce sera des événements qui rythment la vie de l’école et l’Escape Trip, qui arrive pour finir l’année, afin que les étudiants puissent vivre des moments inoubliables entre amis avant de partir en stage ou de finir l’école. »

 

D’un point de vue plus personnel, avez-vous le sentiment qu’avoir co-créé cette association vous a apporté quelque chose en termes d’expérience ou de réseau par exemple ?

« Oui forcément, on acquiert toujours de l’expérience en gérant un projet. On est partis de rien et aujourd’hui nous sommes plus de quarante donc évidemment ça permet d’en apprendre beaucoup sur l’humain, sur la gestion, sur la stratégie et d’autant plus quand on est à l’origine du projet. En termes de réseau, pas encore parce qu’on n’a pas contacté beaucoup d’entreprises pour l’instant, même si on commence à le faire. »

 

Avez-vous une anecdote à nous raconter sur la création de l’association ?

« J’ai saoulé tout le monde pour notre logo, je pense que tout le monde le confirmera, parce que je voulais absolument qu’il y ait mon chien dessus. C’est un husky, on l’a un peu customisé pour qu’il ressemble à un loup, on en rigole souvent. »

Pour finir, auriez-vous un conseil pour ceux qui veulent créer leur association à l’emlyon ou dans une autre école ?

« S’il y a un Conseil de Corporation dans l’école, il faut directement aller les voir pour demander des conseils, ils ont de l’expérience avec les associations. Ils ont été géniaux dans l’accompagnement de notre projet naissant. Ensuite, il faut s’entourer des bonnes personnes, essayer d’aller voir des gens avec qui on s’entend bien, avec qui on peut créer des relations, travailler ensemble et avec qui on est complémentaire. Il faut avoir une équipe avec laquelle on a envie d’aller chercher la lune et en général tout se passe bien ensuite. »

 

Vous voulez savoir plus les associations de l’emlyon ? Alors lisez l’interview de Tiphaine, présidente de l’association NOISE !