«Du pain, du vin et du boursin !». «pa pa papa pa pa». Vous connaissez surement le slogan inoubliable  du fromage frais au fines herbes ou encore le jingle des collants Dim. Ceci est l’oeuvre de Marcel Bleustein-Blanchet, le « monsieur pub » de l’hexagone. Revenons dans ce dernier volet de la série des entrepreneurs à succès sur un engagé résistant, millionaire et ruiné mais toujours passionné de communication. Marcel Bleunstein-Blanchet, décédé en 1996 est le fondateur du groupe Publicis.

 

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Une enfance dissipée qui le mène à la création de Publicis

Marcel grandit dans le quartier Montmartre. Il est le dernier d’une famille d’émigrés russes d’origine juive de 9 enfants. Le petit dernier est un élève dissipé qui quitte l’école sans regret à 14 ans. Il suit les traces de son père et travaille en tant que vendeur chez un marchand de meubles. Blanchet raconte être mis à la porte quelques temps plus tard car ses «horaires personnels s’accordent mal à ceux du magasin». Marcel souhaite alors monter son affaire. Il s’intéresse à la pub et fonde avec son frère Georges, Publicis en 1926. Son père le met en garde : « Tu veux vendre des courants d’air ? ». Il part alors démarcher les commerçants de Montmartre et très vite il parvient à convaincre le bijoutier de la rue de Clichy puis le fourreur Jacques Brunswick. La notoriété de Marcel Bleustein s’accroit et Publicis prospère rapidement.

 

Un précurseur de la radio

Bleustein est un homme curieux et s’intéresse à tout ce qui touche à la communication. Il invente des slogans et les diffuse à la radio. « Brunswick, le fourreur qui fait fureur » ou encore « André un chausseur sachant chausser » font fureur à la radio. Ses clients enregistrent une augmentation des ventes conséquente à ces nouvelles techniques de communication. Il achète en 1935 la radio privée Radio LL qu’il rebaptise Radio Cité où il diffuse ses supports commerciaux. Il déclare  également être à l’origine du premier journal parlé en France et aurait permis à la chanteuse Edith Piaf de chanter en direct à la radio pour la première fois de sa carrière. La station de radio de l’entrepreneur le rend populaire et respecté. Cela lui permet de côtoyer les plus hautes personnalités de l’Etat qui comprennent l’importance du nouveau média qu’est la radio.

 

L’expropriation et la mobilisation pendant la guerre

Au commencement de la seconde guerre mondiale, Marcel Bleustein, grand passionné d’aviation, est engagé comme pilote d’avion. À l’arrivée des troupes nazis à Paris en juin 1940, il est exproprié de Publicis et Radio Cité par les Allemands dans le cadre des lois anti-juives. Il déclare «La France a tout perdu. Moi aussi» mais le jeune entrepreneur s’engage en tant que résistant. Son nom de code ? Blanchet, le nom d’un ancien poilu qu’il accolera plus tard à son nom. Il est recherché par la Gestapo et rejoint De Gaulle en Angleterre en passant par l’Espagne. Il pilotera des bombardiers de l’US force. Ses actions militaires lui vaudront la Croix de guerre 1939-1945 et le grade de chevalier de la Légion d’honneur.

 

Reprise de l’activité et résurrection d’un groupe devenu international

Marcel Bleustein-Blanchet, ruiné à la libération de Paris ne se décourage pas et prospecte de nouveau ses anciens clients un à un. A force de détermination, il arrive à retrouver la prospérité et développe Publicis pour en faire rapidement le premier groupe français de publicité. L’entrepreneur ouvre son premier bureau aux Etats-Unis en 1956. Il s’inspire des techniques de communication américaines et les adapte au marché français. Il introduit par exemple les enquêtes d’opinion dans l’hexagone et importe le concept des drugstores à la fin des années 1950. Le groupe s’internationalise et multiplie les acquisitions. Sous l’impulsion de Maurice Levy, aux commandes du groupe depuis les années 1970, Publicis est devenu troisième acteur mondial de la publicité réalisant 10 milliards d’euros de chiffre d’affaire avec plus de  80 000 collaborateurs.

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